Une Université Populaire de Bruxelles, à Saint-Gilles.

Une Université Populaire de Bruxelles, à Saint-Gilles.


Qu’il est alléchant le programme d’ateliers, de conférences, de cycles de cours que nous propose en 2012 l’UP de Bruxelles ! En phase avec les questions de notre temps, son projet pédagogique est globalement celui de former des résistants. Enfin !
Pointons le cycle de formation, organisé avec CFS asbl, « éducation populaire, émancipation et transformation sociale », avec, notamment, la venue de Miguel Benasayag le mardi 6 mars 2012. Ou encore le cycle de conférences : « Art et engagement », proposé en partenariat avec l’Iselp.
Une autre thématique - une autre lutte - qui irrigue l’ensemble du projet 2012 de l’UP est la déconstruction de la pensée managériale. Un atelier de pensée collective, animé par Isabelle Stengers et Guillermo Kozlowski, a réuni, à deux reprises déjà, plus d’une trentaine de personnes, principalement issues des secteurs de l’enseignement, du social et du socio-culturel. La qualité de l’écoute y est exemplaire et les échanges, graves et peu réjouissants, mènent à une conclusion limpide, point de départ radical à partir duquel nous avons à penser collectivement notre résistance : la paix sociale est défunte. Nous n’avons donc plus à travailler à son maintien car ce serait travailler au maintien d’un leurre, d’un piège. Nous n’avons plus notre place dans la « concertation sociale ». Les mouvements d’émancipation n’ont plus rien à faire dans les lieux du pouvoir. Ils seront plus « efficaces » en dehors, assumant leur condition de vaincus et se réfléchissant à partir de cet aveu.
Un rapport du premier atelier existe. Le second est en préparation. Le prochain atelier aura lieu à la mi- mars. Il est ouvert à tous.
B.D.R

Pour recevoir les informations de l’UP envoyez un courriel à guillermo.kozlowski@cfsasbl.be

Art et engagement : les amants infernaux. Cycle de conférences avec Laurent Courtens (historien de l’art et critique d’art, responsable de la médiation à L’iselp).

Mercredi, de 18h à 21h, à l’Université populaire de Bruxelles.

« Transformer le monde, changer la vie » : tel était le mot d’ordre du mouvement surréaliste. Fantasme assurément, chimère : l’art est incapable de porter seul un tel projet. Il peut cependant le nourrir, il y est sans doute indispensable. C’est en tout cas la question que posera ce cycle de conférences : en quoi l’art peut-il contribuer à changer le monde ? Quelle est la spécificité de son apport au mouvement social, plus globalement à la vie ?

Remontant aux actualisations du mouvement surréaliste proposée par CoBrA (1948-51), le cycle repèrera les grandes tendances « activistes » des années 1960-70 et tentera une lecture des pratiques contemporaines.

Mercredi 8 février
Comme le pain de chaque jour

« Poésie nécessaire, comme le pain de chaque jour, comme l’air que nous exigeons trois fois par minute » disait Gabriel Celaya, poète espagnol, poète républicain.

Ce sera la question posée par cette première séance : nécessaires la poésie, les arts, la culture ? Oui, mais en quoi ? Quel est le champ d’expériences, de connaissances, d’émotions ouvert par la musique, la peinture, le cinéma … ? Répondre à cette question, c’est asseoir cette autre nécessité : pourquoi démocratiser la culture ? Pourquoi « élargir le cercle des connaisseurs » ?

Mercredi 15 février
Réaliser l’inexistant

« Le plaisir suprême de la littérature est de réaliser l’inexistant » : c’est cette fois Oscar Wilde. Pour nous dire que la fiction artistique, son artifice nous permettent de dessiner de nouveaux horizons, d’en éprouver les possibles.

Cet élan s’associe à l’un des principaux mots d’ordre de l’art du XXe siècle : « l’art c’est la vie ». Depuis Dada jusqu’aux diverses formes d’art dites relationnelles en passant par l’Art Brut, puis par Fluxus, toute l’histoire de l’art moderne et contemporain est aimantée par cet appel de la vie, ce désir de « sortie de l’art », de désertion des ambiances confinées, des arcanes sacrés du temple de l’Art avec un grand A. Avec pour effet d’élargir continuellement les frontières des pratiques artistiques et d’ouvrir celles de la vie réelle.

Mercredi 22 février
Contre-feux 1

L’histoire de l’art du XXe siècle (et du XXIe siècle naissant) est comme électrifiée par une tension latente entre le marché, les institutions (l’État) et les créateurs. Parmi ceux-ci, plusieurs (et non des moindres) ont construit une partie importante de leur propos en opposition à ce que nous appelons aujourd’hui la marchandisation de la culture. Nous pensons à Duchamp lui-même, à Broodthaers, à plusieurs artistes conceptuels (Art and Language, John Baldessari, Hans Haacke…). Plus récemment, c’est aux stratégies managériales de grandes entreprises et à une modélisation néolibérale de la pratique artistique que les artistes ont dû se confronter. On l’illustrera à l’appui des travaux du dernier représentant de la Belgique à la biennale de Venise : Angel Vergara Santiago.

Mercredi 29 février
Contre-feux 2

Si l’art n’a pas porté l’histoire des mouvements d’émancipation, il les a cependant accompagnés, les a outillés d’un dispositif critique. D’abord sur son propre terrain : celui des images. C’est l’histoire de l’émancipation des langages, puis de la critique des médias telle qu’on la vérifiera à travers les œuvres de la Figuration Narrative, de Barbara Krüger, de Cindy Sherman, de Wang Du, d’Harun Farocki… Nous verrons aussi comment ces courants et ces artistes énoncent des causes telles que le féminisme, le mouvement d’émancipation noir, le tiers-mondisme... Singulièrement depuis l’entrée en scène d’artistes issus de territoires jusqu’à présent exclus de la modernité : l’Afrique, le monde arabe, l’Asie, l’Amérique latine…

Mercredi 7 mars
Documenti !

Depuis les années 1990, l’art a renoué très explicitement avec le politique. Par des voies diverses dont l’une est particulièrement saillante : le documentaire. À travers biennales et expositions, films, essais photographiques, collectes d’archives, glanages de documents signalent clairement un désir de « prise sur le réel », d’investigation du monde. Dans ses failles, ses meurtrissures, ses incertitudes. Le document aujourd’hui n’est pas déclamatoire, pas héroïque. Il est incertain et fragile. Il se mêle à l’intime, à la fiction. Il défriche cependant la vie, émancipe la parole, le regard et la pensée.

Infos :

Université Populaire de Bruxelles
Rue de la Victoire, 26
1060 Bruxelles
02/543.03.03