Spectacle Ebauche d’un portrait à Tourcoing - Avantages via KALAME

 

Dans le cadre d’un partenariat entre le réseau KALAME et le Théâtre du Nord, un tarif préférentiel est accordé aux membres du réseau Kalame ainsi qu’aux participants aux ateliers d’écritures (16€ au lieu de 23€/ 10€ pour les moins de 26 ans) sur présentation de ce message. 

Réservations du mardi au samedi de 13h à 18h30 à l’accueil du Théâtre du Nord (Place du Général de Gaulle, Lille) ou par téléphone au 03 20 14 24 24.

Toutes les infos sont sur : www.theatredunord.fr

Ebauche d’un portrait D’après le Journal de Jean Luc Lagarce

Adaptation et mise en scène de François Berreur

Du 20 au 29 Avril 2010 - Théâtre de l’Idéal, 19 rue des champs, 59200, Tourcoing

En quelques mots : Durant toute sa vie de théâtre, Jean-Luc Lagarce tient ses petits cahiers (il en commence la rédaction au moment de la création du Théâtre de la Roulotte en 1977), où on retrouve ses doutes, ses lectures, les films et les spectacles qu’il voit et son interrogation permanente sur le déroulement de sa vie, son questionnement sur ses amours et le sens de son oeuvre. C’est au quotidien l’homme Lagarce qui raconte, comme souvent nous l’avons connu dans ces repas d’après spectacle qu’il affectionnait, où son humour dévastateur et son sens de la formule faisaient taire les conversations de tables entières. On me demande souvent de parler de sa vie. Le plus simple m’a paru qu’on l’écoute lui-même nous raconter pendant une heure et demie ce que fut sa vie. 

  François Berreur

Réservations : 03 20 14 24 34 – www.theatredunord.fr 

 

Contact : Marine Fontaine - 03 20 14 24 70 - marinefontaine@theatredunord.fr

 

(…) Je n’ai jamais interrompu mon Journal, j’y ai consacré machinalement beaucoup plus de temps encore, j’allais m’asseoir dans les cafés et je tenais mon petit registre et pour ne pas me noyer définitivement, j’ai tenté aussi de mettre au propre les cahiers précédents. Chaque jour, j’ai recopié calmement les années précédentes.

Comment j’écris ? 

In, Du luxe et de l’impuissance

Extraits

Samedi 25 Janvier 1986

Ai-je dit que Isherwood est mort ? Non. Je le dis. C’était il y a deux ou trois semaines. J’ai pensé à Hockney, beaucoup. En fait, vous le saviez déjà (que Isherwood est mort...). Incroyable, le nombre de choses que je crois vous apprendre et que vous savez déjà, à cause du temps. Et Hockney, maintenant, est mort aussi. Et vous le savez avant moi, et même moi aussi, je suis mort, il n’y a que vous dont on puisse être à peu près sûr...

Dimanche 18 février 1989

Paris, Edgar Quinet, 14 heures 40 Bilan hier à l’hôpital, excellent. 12 tubes de prise de sang (moi qui claquais des dents il y a à peine quelque temps devant une seringue). Médecin-femme Dr Salmon, plus sympathique que les fois précédentes. (Parce qu’elle tient un cobaye ? ou parce qu’elle s’habitue à mon allure désinvolte, faussement désinvolte… ?) Visite tous les 15 jours. On verra. Descente kafkaïenne dans les deuxièmes sous- sols de l’hôpital Bichat. La responsable-pharmacienne s’appelle Madame CERTAIN. Elle me reçoit dans un minuscule bureau sans fenêtre plein de livres y compris par terre et enfumé par ses cigarettes. Elle me remet une dose pour 15 jours (et une autre dose de « secours » si je devais perdre, égarer celle-là…). Elle me serre la main. À dans 15 jours. La mission s’appelle « Concorde » et je suis un agent secret. J’ai un numéro de code, mon nom est connu de ces deux femmes, Mme Salmon et – Mme Certain – on voit que ce sont des faux noms, et que ce ne sont même pas des femmes… – de belles espionnes de couleur noire – et l’une s’appelle Ophélie – nues très certainement sous leurs blouses blanches me raccompagnent. Au détour d’un couloir deux pancartes : « centre de diététique » et « chambre mortuaire ». Je prends l’ascenseur et je remonte à l’air libre. Générique de début de l’épisode.