Réflexions sur la réécriture en écriture d’invention de François Le Goff

1 À propos de l’écriture d’invention, on pourra lire les analyses suivantes : C. Bisenius-Penin, « Éc (...)

1Diversifier les pratiques d’écriture, aborder le littéraire par le faire , renouer avec une tradition rhétorique qui profiterait des acquis les plus récents concernant l’apprentissage de l’écriture sont autant de motifs de légitimation de l’écriture d’invention. Toutefois, l’intérêt que l’on peut porter à cet objet d’enseignement n’exclut pas l’examen critique, bien au contraire 1 . Et c’est par rapport à certains éléments de définition de l’écriture d’invention présents dans les textes officiels et à leurs applications dans les manuels et les épreuves anticipées du baccalauréat que je situerai tout d’abord mon propos.

2En premier lieu, il me semble important de mettre en évidence la part prépondérante de l’argumentation dans les finalités de l’exercice, le formalisme dans la reproduction des discours de genre, et, par voie de conséquence, la fréquente artificialité des consignes d’écriture qui conduisent à privilégier des techniques narratologiques ou des procédés rhétoriques, déconnectés d’une réflexion sur le sens des écrits produits et sur les enjeux des apprentissages pour l’élève.

3En second lieu, la présentation qui est habituellement faite de cet écrit ignore le contexte d’apprentissage dans lequel il s’inscrit. Or, comme tout autre objet d’enseignement, l’écriture d’invention fait système, devient intelligible dans un contexte ; son mode d’intégration à un projet d’enseignement englobant garantit ou non une exploitation optimale de ses potentialités de formation. Il est bien sûr rappelé dans le discours officiel que l’écriture d’invention n’est pas un objet isolé, aussi insiste-t-on toujours sur la nécessité du lien entre un texte-source et un écrit d’invention. Mais j’observe qu’une telle affirmation ne remet pas en question l’organisation générale d’une séquence d’apprentissage, pas plus qu’elle n’est une incitation à reconsidérer les rôles de chacune des sous-matières et activités du français dans l’appropriation des savoirs.

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