Prix Renaissance de la nouvelle - 2010

Prix Renaissance de la Nouvelle


Créé en 1991 et attribué pour la première fois en 1992, le Prix Renaissance de la Nouvelle a pour but, comme son nom l’indique, d’œuvrer à la renaIssance de la nouvelle de langue française. Il est attribué chaque année à un recueil de nouvelles paru entre le 15 novembre d’une année et le 15 novembre de l’année suivante. Doté initialement de 2.000 euros, il a vu son montant passer à 3.000 euros, à l’occasion de sa dixième édition, en 2001. En une décennie, il est devenu un des prix les plus importants dans le domaine de la nouvelle francophone.
En Amérique latine, la nouvelle est considérée comme un genre littéraire majeur ; parfois même, dans certains pays du continent, c’est un genre dominant. Dans les pays anglo-saxons et dans les pays de l’Est, sa position est également très enviable. Ici comme là, les éditeurs n’hésitent pas à publier des recueils de nouvelles, qui trouvent assez facilement leur public.
Dans les pays francophones, en revanche, la nouvelle apparaît souvent comme la parente pauvre de l’édition, avec un nombre de publications dérisoire par rapport au roman. Même si, depuis une quinzaine d’années, des initiatives se sont multipliées pour lui rendre son statut (création de collections consacrées à la nouvelle, de revues, de concours, de prix...), ces efforts restent précaires, aussitôt annulés dès que l’édition, en tant que secteur d’activité économique, montre des signes d’essoufflement. Or, dans le même temps, nous assistons à un renouveau du genre tout à fait passionnant, à telle enseigne que certains n’hésitent pas à parler d’âge d’or pour qualifier la qualité des œuvres proposées. Par ailleurs, la nouvelle est en train de trouver un nouveau public  : elle sert de plus en plus de levier à la création littéraire dans les ateliers d’écriture et d’outil pédagogique dans les écoles.
C’est que la nouvelle présente ce triple avantage de la brièveté, de l’intensité et de l’ambiguïté : en peu de pages, une vie bascule, sans que l’auteur n’explique rien au lecteur.
À celui- ci de découvrir le secret de la destinée dont il est le témoin. S’il n’est de littérature que du secret, alors la nouvelle est bien un genre hautement littéraire.
C’est dans cette double perspective que s’inscrit le prix Renaissance de la Nouvelle : prendre acte de la renaissance du genre et, sachant que celle-ci est fragile, œuvrer à la rendre durable. Dès le départ, ce prix a eu une vocation internationale, le renouveau de la nouvelle ne se limitant pas aux frontières de la littérature française de Belgique. D’où l’idée d’en faire, au départ d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, véritable pôle culturel du Brabant wallon.

Le 19e Prix Renaissance de la Nouvelle à François Hinfray

 

9782877066921fs.gifLe 19e « Prix Renaissance de la nouvelle » couronne le recueil « L’homme qui parle en marchant sans savoir où il va » de François Hinfray, paru aux Editions de Fallois.

Le 24 avril, le bourgmestre Jean-Luc Roland et l’échevin de la Culture Benoît Jacob ont remis le 19e « Prix Renaissance de la nouvelle » de la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve à François Hinfray, pour son recueil « L’homme qui parle en marchant sans
savoir où il va » paru aux Editions de Fallois.

L’échevin de la Culture a commencé par rendre hommage à l’écrivain Ottintois Carlo Masoni, décédé en janvier dernier. C’est lui qui est à l’origine du Prix Renaissance de la nouvelle, avec l’écrivain Michel Lambert (également habitant d’Ottignies).
« Sans doute sa vocation de professeur de français lui a-t-elle donné l’occasion de lire et relire les textes assez brefs, voire hésitants, des élèves qui s’essayaient à leurs débuts littéraires », a déclaré Benoît Jacob.
« Ensuite, c’est toute une période de voyages qui a été pour lui source d’inspiration. De l’Espagne ou des Ardennes belges, aucun milieu ne le laissait indifférent. C’est bien ainsi qu’on entre de plein fouet au coeur de la nouvelle, un récit bref, d’une intensité particulière. »

Et l’échevin de rappeler son souhait de lancer un Prix Renaissance de la nouvelle pour les
jeunes talents de nos écoles.

Un recueil cohérent, élu par un jury franco-belge
Après avoir lui aussi salué la mémoire de Carlo Masoni - en soulignant la qualité de
son jugement littéraire et en rappelant son obsession de la fuite du temps - Michel Lambert a remercié les mécènes, publics et privés, sans qui l’organisation du prix ne serait pas possible… et les membres du jury franco-belge - Claude Pujade Renaud, Marie-Hélène Laffont, Alain Absire, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean Claude Bologne et Ghislain Cotton - qui effectuent ce travail à titre bénévole.

« Ce qui fait la longévité d’un prix, c’est son palmarès. Le nôtre fait preuve d’un certain
éclectisme. La majorité des courants, la plupart des maisons d’édition qui aident la
nouvelle y sont représentés », s’est réjoui Michel Lambert.

Cette année, le jury a reçu une quinzaine de livres - c’est moins que de coutume -
et choisi de couronner un recueil de 38 nouvelles (plus un prologue et un épilogue) très denses évoquant les différent(e)s âges de la vie, pays, classes sociales, cultures…
et dans chacune, les grandes valeurs humaines.

« Malgré le nombre élevé de nouvelles qu’il comporte, c’est un recueil cohérent. De
par le regard posé sur les personnages, le plus souvent tendre et compassionnel… de
par l’écriture, fluide, élégante et précise… de par le choix de recourir à la technique
du tutoiement, qui permet de rapprocher le lecteur des personnages. »

3000€ pour une association locale
François Hinfray, Français, réside à Bruxelles depuis quatre ans. Economiste de formation, diplômé de l’ENA, il a été directeur commercial chez Renault pendant 17 ans. Après avoir travaillé pour le groupe de consultants BCG, en Belgique, il a pris une année sabbatique afin de se consacrer à son rêve d’écriture.

« J’ai toujours voulu écrire. Mais j’étais incapable de le faire en travaillant. Cette année sabbatique m’a aussi donné l’occasion de dessiner et de peintre. Des oeuvres abstraites, présentées lors de deux expositions, à Tokyo et à Paris », explique le lauréat, qui dirige aujourd’hui le groupe Alcopa, à Kontich.

François Hinfray est ravi de ce que les membres du jury du Prix Renaissance de la nouvelle, exigeants dans leurs lectures, aient élu son livre comme « digne de leur attention ». Cette reconnaissance le comble davantage que les 3000€ octroyés par la Ville, qu’il a décidé d’offrir à une association d’Ottignies-Louvain-la-Neuve qui travaille à soulager des personnes en difficulté matérielle. Carlo Masoni aurait apprécié ce geste-là.

Historique

1992
L’encombré
AUBERT Jean-Marc
Presses de la Renaissance

1993
Les évangiles du crime
LE Linda
Julliard

1994
Les voilà quel bonheur
SAUMONT Annie
Julliard

1995
La vie malgré tout
ENGEL Vincent
L’Instant même

1996
Hôtel intérieur nuit
BLANC Jean-Noël
HB Editions

1997
Ce qu’on voit dans les yeux d’Iliyna Karopi
GERBER Alain
Editions du Rocher

1998
Pourquoi ?
SPIESS Alain
L’Arpenteur

1999
Mademoiselle Su
BERNARD Suzanne
Bartillat

2000
Mirabilia
HADDAD Hubert
Fayard

2001
Voyages aux pays évanouis
JOUTY Sylvain
Fayard


2002
Place du bonheur
MARSAN Hugo
Mercure de France

2003
Liturgie
LAFON Marie Hélène
Buchet Chastel

2004
Le voyageur lacunaire
THINES Georges
Chambon / Le Rouergue

2005
Les après-midi, ça devrait pas exister
JACOB Fabienne
Buchet Chastel

2006
Les sangliers
BIZOT Véronique
Stock

2007
Une seconde de plus
COULIN Delphine
Grasset

2008
Ultimes vérités sur la mort du nageur
MASSON Jean-Yves
Verdier

2009
Ton petit manège
ADAM Philippe
Verticales

2010
L’homme qui parle en marchant sans savoir où il va
HINFRAY François
De Fallois