Parenthèse #11 : Ateliers d’écriture auprès de personnes fragilisées

À la lecture de divers articles émanant de personnes soignantes, nous avons été interpellés par leur volonté d’aider les patients à trouver des solutions à leurs souffrances, notamment par le biais d’ateliers d’écriture. Leur travail s’appuie sur la relation « pratique de l’écriture/patient » plus que sur celle « animateur/pratique de l’écriture », mais il implique aussi une notion que nous n’évoquons que rarement, celle de la supervision, et du binôme.
À l’accueil et la découverte de ces textes et témoignages, nous avons le sentiment que l’ensemble de ces paroles offrent de possibles prolongations et ’revisitations’ au sein de tous nos ateliers.
Les thérapeutes avec qui Frédérique Dolphijn a pu échanger nous racontent tous l’importance de s’appuyer sur leur pratique, et une pratique certes se pratique mais elle s’apprend. Comme le dit plus loin Claire, psychothérapeute, on ne s’improvise pas psy, et on ne s’improvise pas davantage animateur d’atelier d’écriture.
Peut-être plus particulièrement à la suite de cet état des lieux non exhaustif des ateliers auprès de personnes fragilisées, l’écriture apparaît comme un médium révélateur d’un lien à organiser, à conserver, à peaufiner, à révéler. Et l’atelier d’écriture, comme souvent, a des effets bénéfiques indéniables sur les participants en termes de confiance en soi. Il ne s’agit pas que d’un projet de réinsertion sociale ou professionnelle, mais bien d’une prise de conscience par chacun de sa valeur, de son utilité en tant qu’individu pensant.
Ce numéro perpétue également quelques rituels, quelques rendezvous tels que le portrait d’animateur (Elisabeth Joachim a tiré celui de Michèle Tavier), « Un livre, un lecteur » avec un article sur la grammaire de l’imagination proposé par Muriel Durant et une proposition d’écriture de Vinciane Moeschler.

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