Parenthèse #04 : Les apprentissages de l’écriture

Pourquoi les AE entrent-ils de plus en plus dans les classes, pourquoi tant d’adultes y consacrent-ils leurs temps libres, pourquoi sont-ils de plus en plus courants en éducation permanente ? Y aurait-il un manque du côté des apprentissages de la lecture et l’écriture ?

De nombreux ateliers d’écriture sont organisés dans les écoles.
D’un côté : professeur, savoir, norme, modèle, objectivité, vérité, compréhension, efficacité, utilité, rapidité, raison, interro, sanction, diplôme.
De l’autre : pratique artistique, liberté, subjectivité, dispositif, jeu, écoute, évocation, imagination, long terme, plaisir, désir, curiosité, gratuité, inconnu, surprise, surgissement, lâcher prise, expérience, création.

Le cadre très particulier de l’école pose pas mal de questions spécifiques qu’il est important de prendre le temps d’examiner. Questions concrètes (relatives aux lieux, horaires, position des élèves, des animateurs et des professeurs, à l’exploitation des textes, à l’orthographe et aux cotations...) qui en soulèvent d’autres, plus abstraites et profondes : celles des apprentissages ; celles du rapport à la norme et au modèle ; celles des savoirs, savoirs-être et savoirs-faire et de leur construction, leur transmission ; celles de l’importance de la pratique ; celles des résultats et de leur évaluation ; celles de l’autorité, de la formation des enseignants ; celles enfin des conceptions de l’éducation et de la démocratie…

Notre dossier, Les apprentissages de l’écriture, s’articule en plusieurs parties.

Dans la première, Les (AE)s sont-ils solubles dans l’école ?, nous explorerons, avec des écrivains, la notion d’écrire autrement ; puis tenterons, par un récit d’apprentissages scolaires de l’écriture, de faire plus de clarté sur ce qui est vraiment enseigné à l’école, et comment ; pour enfin évoquer ce que pourrait être un atelier d’écriture créative à l’école, ses conditions, ses enjeux. Après cette approche au grand angle, la deuxième partie, On n’écrit pas sans casser des œufs, est un récit d’expérience où Vincent Tholomé se focalise sur les mêmes questions, à partir d’un point de vue singulier : le sien, fruit d’une réflexion sur ses expériences d’auteur et d’animateur, notamment en milieu scolaire. Enfin, notre dossier se refermera sur le portrait de Gérard de Sélys qui nous livrera, via une interview menée par Adrienne Nizet, son regard d’écrivain, de journaliste, d’animateur, de formateur… et d’homme, sur l’inscription des pratiques artistiques en milieu scolaire.

Ce dossier n’apporte pas une réponse unique, surtout pas de recette. Il interroge la situation actuelle et les possibilités de l’améliorer, participant de cette manière à une réflexion politique.

Nous continuons de briser nos œufs pour poursuivre cette réflexion, dont vous aurez écho, en mars, dans le Numéro 5 de Parenthèse, qui sera consacré au Récit de vie.

Réjane Peigny

 PS : si la réflexion sur l’éducation, telle qu’entamée dans ce N° de Parenthèse vous intéresse, ne manquez pas de lire "Moi, Albert Jacquard, Ministre de l’éducation, je décrète" (source : l’Humanité)

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