Parenthèse #03 : Écrire, devenir

Edito de Réjane Peigny :

Ecrit-on pour soi, pour l’amour des mots et de la littérature, pour avoir produit un texte, pour être lu, connu, reconnu, pour aller mieux… ?
Une fois publié, un écrivain est soumis aux questions. Quelques lecteurs se focaliseront sur le texte, d’autres l’interrogeront sur lui-même, auteur, sur ses raisons. Certains, à cheval entre littérature et sciences humaines, entre l’homme et ses mots, tenteront le grand saut, questionnant le processus, la genèse : ils voudraient savoir si les motivations de l’auteur et les effets sur sa personne de l’écriture disent, ou non, quelque chose de la qualité littéraire d’un texte. Ils relancent un débat qui bien vite tourne à vide, tant les pistes sont nombreuses, larges et imprécises…
Celui qui écrit sans publier se débrouille comme il veut avec ces questions. Sauf s’il participe à un atelier. Car le groupe, le partage, la présence d’un animateur, son rôle et ses limites… induisent, posent autrement, compliquent ces questions qui ne manquent jamais de soulever des oppositions. C’est que les ateliers se multiplient : dans le champ en pleine croissance du « développement personnel », en milieu de soins, et on entend parfois parler de « dérive » thérapeutique : y aurait-il danger, lequel, pour qui, pour la littérature, comment l’éviter ?

Dans ce dossier, nous avons choisi d’exposer deux points de vue. Ceux de deux écrivains, artistes praticiens de la langue, donc, mais thérapeutes aussi, et qui côtoient de près les ateliers d’écriture. Myriam Mallié et François Emmanuel ont accepté d’ouvrir une parenthèse, observant avec recul cette zone mystérieuse située au croisement de l’art et des sciences humaines, de l’homme et de sa création, tentant de faire la part des choses. Outre leur expérience, c’est bien l’endroit d’où ils parlent qui leur donne un point de vue constructif, et le sens de ce dossier est moins d’apporter une réponse, que de proposer une autre manière d’envisager ce débat, et ainsi de sortir de la dualité et du cahos. Dès lors que l’on se décale, que l’on change d’angle, de regard, les questions se posent différemment, moins confuses, pour tous, auteurs, lecteurs, animateurs d’ateliers d’écriture, participants… :
Comment une pratique artistique peut-elle produire des effets, que l’on pourrait dire secondaires, sur la personne ?

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"Parenthèse"

Le numéro 3 (ainsi que les numéros 1, 2, 4, 5) est à présent téléchargeable gratuitement en format pdf - (voir document ci-joint).

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