Margaret Atwood, écrivaine fan de technologies

La romancière et poétesse canadienne Margaret Atwood est présente au Festival America 2014 qui se tient à Vincennes. Agée de 74 ans, elle a bien sûr commencé à écrire ses romans à la main, mais elle avoue avoir particulièrement apprécié de pouvoir utiliser un ordinateur qui lui a permis de se corriger. « Je suis très mauvaise dans l’utilisation du clavier, a-t-elle expliqué, je ne sais pas taper sans regarder le clavier et je fais beaucoup de fautes. Grâce à l’ordinateur, j’ai enfin pu me corriger toute seule. L’ordinateur lui-même m’aide en soulignant les mots en vert ou en rouge. » Elle reconnaît qu’internet participe à la diffusion de la littérature et de la poésie en particulier. Mais elle estime cependant que la technologie n’a pas réellement transformé le fond de son travail. Elle fait toujours une copie papier de ses écrits pour les retravailler. Mais alors comment s’est-elle retrouvée avec un compte Twitter suivi par 527 000 personnes ? « En 2009, j’ai construit un site web pour mon roman Le temps du déluge (2012, Robert Laffont) et le webmaster m’a dit qu’il fallait présenter le logo de Twitter (ndlr : il renvoie vers un compte Twitter), raconte-t-elle. A l’époque je ne savais pas de quoi il s’agissait… J’ai commencé comme ça. »

Le LongPen : à la rencontre des lecteurs
En 2006, elle a déjà participé à l’élaboration du LongPen, un dispositif conçu par une entreprise canadienne qui permet de faire des séances de dédicaces dans n’importe quel point du globe tout en restant chez soi. La machine, connectée à Internet, dispose d’un écran vidéo via lequel l’auteur peut discuter avec le lecteur. Le système présente également un bras robotisé sur lequel est fixé un stylo qui reproduit sur le papier exactement l’écriture de l’auteur, alors que celui écrit et signe sur une tablette électronique. (voir photos ci-dessous) A tous ceux qui trouvent ce procédé un peu trop éloigné de la littérature, Margaret Atwood objecte qu’elle a eu cette idée pour communiquer avec ses lecteurs habitants des contrées éloignées. « Quand les auteurs font une tournée de promotion, les éditeurs les envoient uniquement dans les grandes villes. Mais il existe d’autres petites villes et villages qui ne voient jamais un auteur. »

Future Library : une forêt se transformera en bibliothèque
Plus récemment, Margaret Atwood a été choisie pour être le première écrivain à écrire un roman dans le cadre du projet de l’artiste écossaise Katie Paterson : Future Library. 1000 arbres ont été plantés dans une forêt norvégienne et leur bois servira à imprimer 100 livres dans 100 ans, soit en 2114. Tous les 10 ans, un groupe d’éditeurs doit se réunir pour choisir les auteurs à intégrer dans le projet. De leur côté, les lecteurs n’auront accès aux livres imprimés que dans 100 ans. Mais en se promenant dans la forêt, ils pourront découvrir le nom des auteurs sélectionnés gravé sur l’écorce des arbres. Selon Margaret Atwood, il s’agit là d’un projet très optimiste car il considère que les humains seront toujours présents sur Terre dans 100 ans, mais qu’en plus ils auront envie de lire des livres imprimés sur papier.

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