Les secrets d’écrivain de Robert Harris

Connaissez-vous des règles d’écriture ?
L’écriture d’un roman ne peut être enseignée. Il n’y a pas une manière précise de s’y prendre, tout comme vous ne pouvez pas savoir si vous le faites bien ou non au moment où vous écrivez. Avoir réussi une fois ne signifie pas que vous pourrez réitérer ce succès. Le processus entier est un mystère, dénué de règles.

Comment travaillez-vous ?
J’écris quatre à cinq heures le matin, tôt. Puis je laisse poser. C’est lorsque vous arrêtez d’écrire et que vous vous adonnez à d’autres activités que le travail se fait. C’est encore plus vrai lorsque vous dormez !

Quelle est votre position sur la fameuse solitude de l’écrivain ?
Etre plongé dans un livre prend inévitablement une grande partie de votre cerveau. Vous êtes engagé dans le récit. Dans le même temps, vous devez essayer de prendre vos distances parce que votre esprit doit se rafraîchir. Je ne fais pas de promotion lorsque je travaille un texte parce que cela me déconcentre énormément, mais autrement je trouve génial de rencontrer les gens.

Auriez-vous des conseils à donner aux aspirants écrivains ?
Trois grands auteurs américains m’ont aidé depuis 20 ans que j’écris. Tout d’abord, John Irving : selon lui, tout auteur qui s’aventure dans l’écriture sans connaître le dénouement de son récit est un fou. Après tout, un roman narre une histoire qui s’est déjà produite. Cette approche pratique m’a permis de terminer mon premier roman, Fatherland. Le deuxième conseil me vient d’E.L. Doctorow, pour qui vous devez « trouver la voix qui vous permet d’écrire ce que vous voulez… le petit secret des écrivains est que le langage précède l’intention. » La forme et le style d’un roman sont déterminés par la manière dont vous les concevez avant de commencer. Pour dire les choses plus simplement, l’approche est presque plus importante que le texte lui-même. Mais elle demande des mois voire des années de frustration et de faux-départs. Philip Roth est ma troisième autorité en matière d’écriture : « En écrivant, vous développez votre tolérance à votre propre grossièreté ainsi que votre patience face à vos conneries. Vous devez revenir à elles chaque jour, continuer et y croire. » Mon propre conseil est surtout de vous amuser. Comme l’a dit Raymond Chandler, « un auteur qui ne trouve aucune joie à créer par la magie des mots n’est pas écrivain ».

(Sources : The Guardian, The Independent ; Crédit photo : Wikipédia)

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