Le nouveau magasin d’écriture



Description :
Ce qu’en dit l’auteur :
Cet ouvrage part d’un principe simple lié à une vie d’écriture : ce que le romancier, nouvelliste, dramaturge et poète accomplit sans retenue analytique, dans un mouvement opiniâtre où entrent autant d’enthousiasme que d’angoisse et d’incertitude, il peut très bien en rendre compte par un retour sur soi, en déployant à froid les processus, en montrant les étapes, les complications, les trucs et expédients pour recouvrer l’inspiration, tous les modes opératoires qui, lorsqu’il se trouve seul à sa table de travail, se mêlent en un va-tout syncrétique dont il ressort un peu sonné, heureux d’en avoir fini, avec pour seul témoignage de la traversée quelques feuillets manuscrits, des brouillons, un document informatique. « L’art d’écrire » ne s’enseigne guère ; l’esthétique est une science anatomique, pas une formule pratique. Après trois siècles d’analyse, nous sommes aussi démunis face à l’Iphigénie de Racine qu’un singe face à un miroir. Mais le goût d’écrire, lui, se conforte et se déploie dans le travail ; et ce dernier, libéré des censures et autres blocages liminaires, ne manque pas de s’affirmer par maints retours sur soi, par quantité de recours aussi, et cela dans la discrétion, toujours, des grands auteurs, lesquels ont le mérite insigne, quand on les fréquente sans mimétisme, de nous épargner les tics et les manies d’époque, toute cette mode nigaude dont s’assaisonne l’esprit du temps.
Hubert Hadad
Ce qu’en dit l’éditeur :
Avec une richesse d’invention propice au rêve et à l’aventure, ce livre s’adresse sans exclusive aux écrivains en herbe, animateurs d’ateliers d’écriture, enseignants, étidiants, amateurs éclairés ; il offre une somme de dispositifs et de multiples rapprochements inédits, comme un vaste éventail de textes et d’auteurs , pour associer écriture et lecture dans une même perspective d’invention et d’émancipation.

Commentaire :
Vous m’avez toutes les deux demandé de donner mon avis quand j’aurais lu "Le magasin d’écriture " de H.Haddad.
Je l’ai lu la semaine passée et il y a précisément un article sur ce livre dans le supplément du Soir d’aujourd’hui , comme tu me l’as fait remarquer par SMS, Eva.
Je trouve que le titre reflète bien le livre, à savoir que dans un magasin on trouve un peu de tout. En l’occurence, ici : beaucoup de littérature, de présentation de textes d’écrivains (souvent points de départ d’ateliers, ce que personnellement je n’aime pas beaucoup, trouvant cela très écrasant pour les participants aux ateliers), des idées d’ateliers (qui tournent vite aux recettes), des thèmes, des réflexions sur les genres littéraires, les techniques d’écriture, les styles, l’un ou l’autre écrivain-phare (Rimbaud...) , des conseils aux écrivants, des citations d’écrivains sur leur métier etc... etc....
Tout cela présenté dans un style trop littéraire, trop savant à mon goût pour ce genre de manuel.
Résultat : j’ai pris peu de notes...
Dans un genre différrent j’ai préféré de loin le "Dictionnaire égoïste de la langue française" de Charles Dantzig qui, sans se vouloir une réflexion sur l’écriture, l’est bien davantage en fin de compte que le livre de Haddad. L’éléphant dans le magasin de porcelaine (cf couverture du livre de Haddad) , c’est Dantzig. C’est lui qui bouscule les idées reçues, qui appelle un chat, un chat. Quand on referme son livre, on a envie de lire et d’écrire. Je n’ai pas eu ce sentiment avec le livre d’Haddad quiu fait davantage appel à la fibre ludique (je n’aime pas jouer)
Ce livre-ci n’est pas dérangeant, il est bien léché, touche à tout et décevant (bizarre pour les éditions Zulma...)
En ce sens je suis d’accord avec l’article du Soir qui dit que c’est un livre "inclassable", une "caisse à outils"
Je me dis qu’écrire un livre sur les ateliers d’écriture est une fameuse gageure ; quand les propositions d’écriture sont mises noir sur blanc sur du papier, elles sont déjà sclérosées, transformées en recettes, en fiches réutilisables. Je crois que c’est ce que j’ai aimé chez Dantzig : il communique ses passions ou ses antipathies pour des auteurs, des écritures mais c’est à nous de faire le reste du chemin.
Voilà un avis évidemment très subjectif et certainement pas représentatif. Mais je vous le donne puisque vous me l’avez demandé !
Guylaine L
Peigny RŽjane
Foisonnant, très personnel, très riche. D’innombrables pistes de réflexion.
J.L.
Leyder Jacqueline
Un savant mélange de genres et de techniques littéraires apparemment... Une brique de près de 1000 pages.
GV-L
Extrait :
Table des matières : poésie, poème en prose, Abécédaires, Breton et le surréalisme, Visages de mots, Haïkus, Genre épistolaire, Journaux d’écrivains, Eléments narratifs, Chasse aux sujets, Rimbaud maître d’oeuvre, Humour noir, Faits divers, Créer un personnage, etc...
4ème de couverture :
De l’art de la nouvelle et du conte à celui du roman, du sonnet baroque à la poésie contemporaine, du haïku au genre épistolaire, des cadavres exquis surréalistes aux expérimentations oulipiennes, sillonnant entre Rimbaud, Proust, Emily Brontë, Kafka, Borges, René Daumal, André Hardellet, Karl Kraus et cent autres, cet objet littéraire non identifié débride joyeusement l’imaginaire autant qu’il explore les arcanes de la création littéraire – ou comment trouver un sujet, circonvenir une panne d’inspiration, investir de façon ludique la poésie, le théâtre ou le mot d’esprit, s’adonner aux délices de l’analogie et de la métaphore…
Foisonnant, passionné, érudit et simple, terriblement excitant, le nouveau magasin d’écriture est tout à la fois une encyclopédie subjective, un dictionnaire portatif, un bréviaire de style et un réservoir magique d’inspiration – en somme : un véritbale manuel d’écriture et de littérature en action, pour tous les fous de littérature.
Ecrivain, historien d’art, pionnier des ateliers d’écriture en France, Hubert hadda est l’auteur d’une cinquantaine de livres, romans, essais, théâtre, poésie …