La semaine de... Patrick Dupuis (jour 4)

" Troisième affirmation : Les technologies nouvelles vont permettre de s’éditer sans passer par une maison d’édition.

C’est évidemment déjà le cas. On peut, depuis longtemps, mettre ses écrits au format pdf, tout balancer sur un blog, trouver un imprimeur qui imprime à la demande... Pourtant les éditeurs sont toujours-là.

Ceux qui clament “urbi et orbi” que les éditeurs vont disparaître oublient une chose : qui dit maison d’édition, dit comité de lecture et donc tri. Sur la toile, dans une librairie, vous achetez un bouquin édité en sachant qu’il y a eu un travail de sélection, de préparation à l’édition... Bref, vous êtes à peu près certain que le produit que vous avez entre les mains est un produit “correct”. Le livre vous plaira ou pas, mais vous savez que le manuscrit du départ a été choisi parmi beaucoup d’autres, lu, relu, corrigé, amélioré et, enfin, édité correctement... Même chose, bien entendu, pour les achats sur liseuse.

Un livre auto-édité n’est passé au travers d’aucun filtre. Qu’il soit “virtuel” ou “papier”, c’est son auteur, seul, qui a décidé de le publier. Il arrive donc sur le marché, noyé parmi des milliers d’autres et celui qui l’achète n’est absolument pas certain que le produit soit “correct”.

Mais imaginons qu’il le soit (c’est, avouons-le, rarement le cas)... Ce livre existera physiquement mais ne sera pas visible. Il n’y aura pas de services après-vente, pas de canaux de distribution... Il ne sera donc pas lu.

L’auto-édition n’est donc pas une solution car elle n’offre aucune visibilité (à de rares exceptions près). Par contre, elle peut être intéressante pour un usage privé... Pensons, par exemple à une personne qui veut léguer l’histoire de sa famille à ses enfants ou à ses petits-enfants... Mais, dans ce cas, c’est une autre histoire et nous sommes loin de l’édition littéraire. "