La semaine de... Jean-Michel Devésa (6/6)

Jour 6 :

 

 

 

Un luxe dont la légitimité ne se discute pas

 " Les manuscrits achevés sont conservés sur le disque dur de mon ordinateur et j’en ai une copie pour chaque sur une clef usb. Je garde le contrat d’édition mais pas le bon à tirer. Les clés usb de mes trois livres se trouvent dans un coffre en bois contenant le manuscrit de Carnets de déroute, Avril 2006 – Août 2007 , que je destine à une publication posthume. Ce meuble est dans ma chambre.

 Aux mois qui précèdent la publication du livre s’en ajoutent d’autres où je ne songe pas à écrire mais à vivre. C’est un temps de latence qui m’est indispensable. Je n’ai pas de règles, je ne veux pas en avoir, mais je crois que je serais satisfait si je parvenais à publier mes ouvrages, régulièrement, dans un délai de dix-huit à vingt-quatre mois. Je ne parle pas ici de stratégie ni de tactiques éditoriales. J’évoque la période dont j’ai besoin, à ce moment de ma vie, pour écrire et publier, sans être dans l’urgence ni la pression.

 Je confie le manuscrit à l’éditeur quand j’estime qu’il « tient » et qu’il correspond à ce que je voulais et pouvais faire. La correction des épreuves doit me permettre de repérer des coquilles et des maladresses que je n’ai pas vues auparavant parce que j’avais trop la tête dans l’écran : voilà pourquoi je me donne au moins trois mois avant de relire et d’envoyer mes « pages » à qui de droit. Avoir du temps, prendre son temps, c’est un luxe ! C’est un luxe dont la légitimité ne se discute pas. "