La semaine de... Eric Brogniet (5/7)

 

VENDREDI

 

 

La Crise, déjà…

« Les années 1920 marquent une période de forte croissance aux États-Unis et en Europe . Ainsi, entre 1921 et 1929, la production industrielle augmente de 50 %. Le « boom » boursier n’apparaît donc pas ex nihilo . Mais il est trop rapide : la hausse annuelle des cours pendant la même période est de 18 %, soit une hausse totale de plus de 300 %. Selon l’économiste Jacques Brasseul , « le cours des titres augmente plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentent plus que la production, la productivité, et enfin plus que les salaires, bons derniers dans cette course. » Un élément spéculatif se développe, puis devient prépondérant à partir de 1928, date où le cabinet Charles Merrill (aujourd’hui Merrill Lynch ) recommande de ne plus s’endetter davantage pour acheter des actions, et indique : « Sans que cela constitue une recommandation de vente, le moment est opportun pour se libérer de ses crédits ». Ce ne sont en effet plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value, beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin. Avec l’éclatement de la bulle des années 20, se développe une des plus grandes crises du capitalisme du XXème siècle. (…) Crise boursière qui se déroula à la Bourse de New York entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929 . Cet évènement, le plus célèbre de l’histoire boursière , marque le début de la Grande dépression , la plus grande crise économique du XXe siècle. Les jours-clés du krach ont hérité de surnoms distincts : le 24 octobre est appelé « jeudi noir », le 28 octobre est le « lundi noir », et le 29 octobre est le « mardi noir », dates-clés de l’histoire boursière . Les conséquences économiques et politiques de cette crise financière ont été dramatiques. Aux États-Unis , le chômage et la pauvreté explosent pendant la Grande dépression . Mais outre cette crise économique, de nombreux spécialistes de la crise de 1929, historiens et économistes, montrent comment ce crack boursier a déstabilisé les politiques économiques allemandes permettant dans une certaine mesure l’arrivée au pouvoir du parti NSDAP suite au retrait brutal des capitaux américains d’Allemagne » (extraits de Le Krach Boursier de 1929 , Wikipedia).

L’Art, encore…

« Contrairement aux écoles d’avant-garde de la première moitié du XXe siècle, l’expressionnisme allemand est un courant artistique et littéraire sans véritable unité, car il ne résulte d’aucune volonté commune de créer un mouvement homogène et cohérent derrière le mot d’ordre d’une personnalité forte. Apparu d’abord dans le domaine de la peinture, avec la création en 1905 de Die Brücke et celle du Cavalier bleu (der blaue Reiter) en 1911, il gagne par vagues successives le champ de la poésie, puis du théâtre et enfin du cinéma jusqu’au début des années 1930, alors même que l’historien d’art Wilhelm Worringer a proclamé la mort du mouvement littéraire dès 1920. Aux grandes disparités d’un genre à l’autre, s’ajoute la forte idiosyncrasie des différents univers artistiques, qui résistent singulièrement à toute lecture idéologique univoque. Témoins parfois très lucides de leur époque et défenseurs de justes causes, les écrivains expressionnistes se sont en effet beaucoup moins engagés politiquement et socialement que la génération suivante de dramaturges, représentée par Erwin Piscator, Bertolt Brecht et le courant de l’Agit-Prop révolutionnaire. Or la littérature expressionniste s’est trouvée impliquée rétroactivement dans l’un des principaux débats des écrivains antifascistes du Front populaire (Volksfront) et de la revue moscovite Das Wort , qui constitue à partir de 1937 la nouvelle tribune des intellectuels allemands en exil, placée sous la direction de Brecht, Willi Bredel, Lion Feuchtwanger et Fritz Erpenbeck, qui en est le chef de rédaction jusqu’à son interruption en 1939. Elle réunit bourgeois de gauche, sociaux-démocrates, communistes, et marxistes indépendants. À côté de Klaus Mann ou de György Lukács, on trouve d’anciens dramaturges expressionnistes comme Johannes R. Becher ou Ernst Toller, convertis à l’activisme socialiste révolutionnaire. Alors même que, depuis la Première Guerre mondiale, nombre d’artistes expressionnistes ont disparu prématurément dans des circonstances tragiques et que les survivants cherchent à fuir le nouveau régime antisémite et dictatorial d’Adolf Hitler, on semble instruire contre eux à titre posthume un procès kafkaïen, dans lequel la victime doit répondre des crimes du bourreau. On leur reproche non seulement de n’avoir pas été les révolutionnaires qu’ils prétendaient être, mais plus encore d’avoir inconsciemment fait le lit du fascisme en créant dès les années 1920 les formules caractéristiques du style d’une époque, que les idéologues nazis auraient récupérées pour forger les catégories grossières de leur Weltanschauung raciste et nationaliste ». (Cécile Schenk).

Limousines transatlantiques et champagne Flash back

Années trente Joséphine Baker dansait nue à Paris et Jesse Owens

Avait gagné quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques de Berlin

Au nez et à la moustache du Führer et des dignitaires nazis

Joe Louis boxait contre Max Schmelling au Yankee Stadion

L’Hindenburg sillonnait les airs de Hambourg à New York

Avec ses passagers des cabines de première portant des toasts

A l’avènement d’une ère nouvelle où l’homme triomphait du ciel

Et contemplait en se retournant le sillage laissé sur l’océan

Par les vapeurs poussifs des Compagnies Maritimes de l’Atlantique

Tous ils brûleraient dans une lueur d’hydrogène en fusion

Quand la foudre frapperait leur vaisseau aérien ancré au mât d’arrimage

Mermoz passait « le pot au noir » sur la Croix du Sud Il ne reviendrait pas

A Dakar quelques années plus tard Bientôt on armerait sur la ligne Maginot

Il y a longtemps déjà que la Werhmacht réoccuperait la Ruhr

La Luftwaffe testait ses Heinkels et ses Junkers sur Guernica

Malraux était à la tête d’une escadrille dépareillée des Brigades internationales

Saint Exupéry volait encore au-dessus du désert et de la Cordillère

Quelques années plus tard la Société des Nations palabrait à Genève

Pendant que le Duce cassait du nègre en Ethiopie Maurice Chevalier

Agitait son canotier A Londres on construisait le stade de football de Wembley

Les postes à lampes des radios se multipliaient dans les arrière-cuisines

 Du même désert à la même nuit

 Toujours mes yeux las se réveillent à l’étoile d’argent

Les ballrooms avec leurs taxis girls

Les nègres d’un côté de la rue les blancs de l’autre

Wall Street déjà et les champs de coton du Deep South

Les banlieues où l’on deale de l’herbe déjà

Et downtown où l’Amérique vaque à ses affaires

De l’autre côté de l’Atlantique d’où ils reviennent

La poudre bientôt va parler

Winnipeg Free Press, 5 décembre 1940, Duke Ellington déclare :

« If only we could have played for Hitler and got him swinging in the groove it might have helped him ! If we could only have got him to do this he might have relaxed. But now, he’s started a real clam-bake and will have to be knocked out flat…”