La semaine de ... David Giannoni (2/6)

Mardi 8 janvier 2013

9h31

Présenter cette journée d’abord pour ce qu’elle est, pour ce qu’est toute journée finalement : une journée d’intentions.

Où se situe exactement le point-moment de naissance d’une journée d’ailleurs ? Dans les derniers moments de l’éveil de la veille tard le soir au-delà de minuit entre derniers courriels et errements sur réseaux sociaux sur internet ? Dans les derniers rêves de la nuit qui préparent le corps tout entier à se mouvoir pour affronter la journée nouvelle ? Ou bien comme à présent lors de l’ouverture de l’outil de compagnie le plus fidèle et encombrant qui soit – l’ordinateur ?

Ordonner ses idées. Projeter. Penserprogrammer. Toutes ces choses à faire sur une journée, la semaine qui commence tout juste à se dérouler, puis le mois, les mois qui s’en viennent…

Ce matin je vois le fiEstival de poésie de maelstrÖm qui est au mois de Mai, et le casse-tête, encore à cette période de l’année, de sa programmation définitive en terme d’artistes à inviter, de performances à placer là ou là, le jeudivendredisamedioudimanche…

Je vois aussi l’imprimerie de la Maison de la poésie d’Amay où je suis encore jusque demain, mercredi. L’importance que l’on puisse convaincre éditeurs collègues/connus et inconnus à venir imprimer chez nous, afin que nous puissions un tant soit peu donner un sens à ce superbe outil qu’ont laissé les anciens ici : cet atelier de fabrication de livres, luxe extrême pour un éditeur de poésie, condition de survie même ! et possibilité d’ouverture à l’autre, d’aider l’autre à se développer également…

Je vois cette nouvelle machine couleurs qui doit arriver en ce début d’après-midi, et je vois le papier que nous avons commandé pour faire des essais pour un potentiel futur client, et je vois encore cette nouvelle collection à l’Arbre à paroles que nos deux Antoines, W. et VI, vont peaufiner encore toute la journée.

Je vois aussi tous ces manuscrits livrés aux éditions maelstrÖm (maison que je dirige aussi, que j’ai créé même), et que je ne parviens pas encore à lire, encore pris dans cet état particulier que j’ai pu récemment partager en séance publique lors d’un débat sur l’édition de poésie, d’ailleurs : la panne de la lecture chez l’éditeur comme pendant de la « page blanche » chez l’auteur. Difficulté donc, de lire, de prendre en mains les projets, les textes proposés et de rentrer dans ces univers souvent soignés, travaillés pendant des mois voire des années… Et chercher alors ce qui me permettra de sortir de cet état, et de pouvoir ainsi continuer mon travail, ce petit « cela qu’on attend de moi » qui fait aussi, de « moi », à ce que l’on dit, un « éditeur », un « publieur » de textes, de projets artistiques et littéraires, de livres…

L’intention qu’est encore cette journée, alors qu’il est 9h49 maintenant, se déploie et va bien plus loin. Mais là il est temps pour moi de reprendre au réel sa pulpe, sa chair, et de me ré-incarner encore une fois, oui, aujourd’hui mardi 8 janvier 2013, me ré-incarner pour vivre cette vie de David Giannoni.

Je te salue, e-lectrice, e-lecteur.

Rendez-vous est pris, demain pour que je te parle de