La semaine de... Christine Aventin (5/5)

 

Vendredi.

Veuillez trouver ci-joint l’expression candide de ma conclusion. Il s’agit d’un phantasme de réconciliation. J’ai l’image d’une vieille dame en paix, qui se berce au léger balancement d’un fauteuil à bascule.

Quand on vient la voir, elle donne des conseils de jardinage et des bonbons. Elle propose en saison un breuvage artisanal qu’elle appelle "potion" avec un drôle de sourire, et prend un malin plaisir à porter mollet poilu entre l’ourlet rose de la robe et le godillot crotté. Elle écrit des livres pour les enfants, de la poésie fulgurante, des polars drôles et des scénarios de pornos lesbiens. Au mot de littérature, elle éclate d’un franc rire enfantin qui se mue bientôt en quinte de toux. Elle soupire : c’est par le rire que viendra la mort... et par le mot qu’est venue la vie.

Parfois, une étudiante la sollicite pour un travail sur le roman contemporain, l’écriture féminine, ou le corps en poésie... Elle la reçoit longuement, avant de la laisser repartir avec sa liste de questions sans réponse sous le bras, et la chaleur au front. Des choses se disent dans le village.

Bien à vous,

Christine Aventin.