La semaine de... Christine Aventin (3/5)

 

Mercredi.

Christine Aventin appelle l’aïeule, Colette, et interpelle le silence comme forme d’inspiration.

 

"Ecrire ne mène à rien, sinon à écrire.

C’est ce que pense Colette. Ou plutôt, c’est ce que Colette a écrit. L’a-t-elle pensé ? C’est autre chose...

Il faudra, lors de ma prochaine visite à sa tombe, que je lui soumette cette question : Et si écrire pouvait avantageusement mener à ne plus écrire ? Je veux dire : l’écriture ne pourrait-elle trouver sa résolution dans le silence ?

Et si me taire était la juste retraite des mots ? 

Et cimetière était le Père Lachaise ?

Son rire terrien roulerait de gorge en bouche pour se répandre à mes pieds sur les graviers du sentier, il me rappelle à l’ordre de ses quatre-vingts ans paralysés : que peut-on faire d’autre qu’écrire lorsque, de mémoire, on a toujours écrit et que, bien qu’ayant toujours marché, l’on ne marche plus cependant ?

 

Ne pourrait-on pas mieux, à choisir

Marcher et ne plus écrire ?

 

Je sens parfois sa présence amie me mettre au défi d’une réponse."