L’histoire du livre de poche

Sans vouloir remonter à l’antiquité et aux années 1980, quand le libraire Secundus vendait les épigrammes du poète Martial sous la forme de carnets de parchemin de taille réduite, comme le rappelle Jean-Yves Mollier dans sa contribution à l’étude Du « poche » aux collections de poche , ni aux petits livres d’heures à un sou du XVe siècle, on peut cependant dire que la large circulation et la facilité de transport ont été une des préoccupations constantes des éditeurs et des imprimeurs. Et c’est au XIXe siècle que cette préoccupation put bénéficier de l’industrialisation, de l’alphabétisation et de transports rapides. D’ailleurs, dès 1846, Alexandre Paulin lança une « Bibliothèque de poche ». Et nombre d’éditeurs créèrent des collections de livres aux formats et techniques de production standardisés.

« Que sais-je ? » dès 1941

Toute l’histoire de l’édition se résume alors en une série de bagarres pour s’imposer sur le marché, ce qui nécessite de l’imagination et de la créativité. La « Collection Michel Lévy », la « Bibliothèque des chemins de fer » de Hachette, la « Collection Gervais Charpentier », « Les auteurs célèbres », la « Bibliothèque pour tous », la « Nelson », la « Select Collection », le fameux « Livre populaire » d’Arthème Fayard. Et « Le livre de poche », déjà, de Jules Tallandier. En 1938, la Librairie générale française lança la « Collection Pourpre ». C’est sur ses cendres que le Livre de poche – titre racheté à Tallandier par Henri Filipacchi – naîtra.

Mais avant Marabout et Livre de poche est apparu un phénomène qui perdure toujours : le premier « Que sais-je ? », Les étapes de la biologie , paraît en février 1941. C’est l’ancêtre de tous les poches documentaires. Un ancêtre qui garde bon pied bon œil avec ses 3.900 titres parus.

Après Marabout et le Livre de poche, ce fut la floraison : « J’ai Lu » en 1958, « Presses Pocket » (aujourd’hui « Pocket »), « Idées » et « 10-18 » en 1962, « GF » en 1964, « Folio » en 1972, puis « Babel », « Rivages Noir », « Points Seuil », « Arléa Poche », « Espace Nord », « l’Aube poche », « Versailles », « Harlequin », « Allia », etc. On diversifie : collections de SF, de fantastique, de fantasy, collections jeunesse, de cuisine, de savoir vivre, collections de polar, d’aventures intérieures, de documents, de biographies, d’histoire…

Et on innove. Dans les formats, la présentation, les textes… Sans jamais, jusqu’ici, remettre en cause le sens de lecture. Point Deux est le premier. Gageons que d’autres éditeurs trouveront encore de nouvelles idées pour booster ce secteur. Tant mieux si c’est le lecteur qui en profite.

 

Source : http://www.lesoir.be/culture/livres/2011-04-14/l-histoire-du-livre-de-poche-commence-avant-le-livre-de-poche-834388.php