Kalame, un réseau de 160 animateurs d’ateliers d’écriture

Kalame a été créé en 2000 par Réjane Peigny, Pascale Fonteneau et Eva Kavian (qui n’en fait plus partie) avec pour objectif, la professionnalisation de la pratique d’animation d’ateliers d’écriture. Après avoir dressé une cartographie des animateurs et des ateliers qui existaient en Communauté française, elles ont eu envie de proposer des formations continuées aux membres et de dynamiser les rencontres parce que c’est en se rencontrant qu’on avance le plus.

Kalame, en tant que tel, n’organise donc pas d’ateliers d’écriture mais soutient tout projet de création ou d’organisation de ce type d’ateliers. Une sorte de plateforme horizontale où tout le monde peut entrer sous certaines conditions : avoir une pratique de la lecture et de l’écriture, suivre certaines journées de rencontre et de formation, participer à la vie du réseau. "On n’est pas dans la pédagogie mais plutôt dans l’accompagnement autour de l’écriture et de la lecture" explique l’écrivaine Milady Renoir.

Une grande majorité d’ateliers de récits de vie

Il y a quatre grands modules d’ateliers d’écriture : les ateliers de type littéraire où l’enjeu est de créer sa littérature, de trouver sa propre écriture ; les ateliers plus orientés vers le développement personnel qui conjuguent l’écriture avec la méditation, le yoga, les arts plastiques aussi parfois. Viennent ensuite les ateliers à caractère social dans les écoles, les prisons, les hôpitaux psychiatriques et enfin, il y a les ateliers de récits de vie qui représentent la majorité des ateliers d’écriture en Belgique. Dans ces derniers, on écrit pour témoigner, évoquer, soigner. Il existe, par exemple, des ateliers autour de la violence faite aux femmes.

Une envie de transmettre ce qu’on a appris

La demande est très forte autant du public, des bibliothèques, des librairies (que Kalame soutient dans leur projet d’organisation d’ateliers) qu’au niveau des animateurs d’ateliers d’écriture. "On a doublé en un an. On est passé de 90 membres de Kalame à 160 " précise Milady Renoir. Si on soustrait de ce chiffre "les membres fantômes", ceux qui font une pause ou qui ne pratiquent plus, Kalame compte une centaine de membres actifs qui animent des ateliers d’écriture.

Alors comment expliquer un tel accroissement ? "Il y a beaucoup de personnes qui ont suivi des ateliers d’écriture et qui se décident à en animer elles-mêmes. C’est très souvent ça l’impulsion. Quand vous avez la passion de la lecture et de la littérature, il y a un moment où on a envie de transmettre parce qu’on a reçu". C’est là que Kalame intervient en organisant des modules de formation pour aider ces personnes à transmettre leur goût de l’écriture et leur amour de la littérature.

Kalame n’est pas une école ni un label de qualité

Malgré ces formations, Kalame n’est pas une école. "On ne ressort pas de chez Kalame avec un diplôme" précise Milady Renoir. Pas de label Kalame non plus. N’importe quel atelier peut demander à être animateur du réseau Kalame, que ce soit un bon ou un mauvais animateur.

Le Conseil de Kalame est bien conscient de cette faiblesse. C’est probablement pour cette raison qu’il a l’intention de faire un tri prochainement parmi ces animateurs en les questionnant sur leurs motivations et la manière dont ils envisagent leur collaboration avec Kalame. Histoire de rappeler à chacun qu’échange et partenariat sont les valeurs fondatrices de ce réseau qui fête son dixième anniversaire cette année.

Pour toute information complémentaire ou pour trouver un atelier à votre goût, rendez-vous sur le site de Kalame.

Isabelle Franchimont

vendredi 30 juillet 2010 rtbf.be Culture