Joyce Carol Oates, conseils pour l’écriture...

Comment définissez-vous le travail d’écriture ?
L’inspiration, l’énergie et même le génie sont rarement suffisants pour « faire de l’art ». Ecrire est un métier qui s’apprend. Ensuite, le laps de temps entre l’émergence de l’idée et la fin du manuscrit est incalculable. Cela peut prendre des années. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte pour écrire un roman. On peut comparer ce processus à des affluents dans une rivière. Vous voyez cette rivière, elle paraît unie. Pourtant, elle est traversée par d’innombrables affluents.

Que faire si écrire devient douloureux ?
Si écrire devient douloureux, terriblement difficile et que le désespoir guette, alors vous devez continuer à travailler. Ce serait lâche d’arrêter. Mais si écrire est doux, il faut également continuer. Finalement, on écrit, ou on devrait écrire, à chaque instant.

Quelle est la place de la réécriture dans votre travail ?
Lorsque je finis un roman, je commence à travailler sur des nouvelles et parfois un deuxième roman. Lorsque ce roman est terminé, je réécris une grande partie du premier. Pendant ce temps, le deuxième texte repose dans un tiroir. Ecrire, réviser, écrire et à nouveau réviser est un rythme qui me convient. Malgré ma réputation d’auteure très prolifique, je suis en faveur de révisions fastidieuses. La révision est aussi un art.

Quel est votre conseil pour un écrivain débutant ?
Je répète à mes étudiants de vivre leur vie, et de dévorer des livres. De voyager, de faire des rencontres, de parler et d’écouter très attentivement. Il faut être très curieux et ne pas juger, juste s’ouvrir aux autres. Il n’y a qu’à regarder le monde et observer ce qu’il offre.

(Sources : The Paris Review, Academy of Achievement, Goodreads)