Francis Scott Fitzgerald / De l’écriture



Description :
De l’écriture regroupe les correspondances et notes de Francis Scott Fitzgerald (éditions complexe, 1991), dont de nombreux conseils aux apprentis écrivains. Extraits :
"Les meilleures nouvelles sont celles dont on peut couvrir la distance en un ou trois bonds. Une nouvelle qui exige trois bonds, on devrait l’écrire en trois jours d’affilée, attendre un jour pour la relire, et lui lâcher la bride. C’est l’idéal, bien sûr. Car dans bien des nouvelles, on bute sur un écueil, qu’il faut enjamber. Mais, en règle générale, une nouvelle qui se traîne, ou qui présente trop d’écueils (je parle de ceux qui tiennent au manque d’inspiration, et entraînent obligatoirement une construction bancale), ne donne jamais, à la lecture, l’impression de couler de source."
"Raconter des choses excessives, comme étant les plus ordinaires - c’est la clef de l’art du roman."
"Il existe depuis toujours deux thèmes majeurs : Cendrillon, et Jack, the Giant Killer — séduction des femmes, héroïsme des hommes."
"Quand tu introduis une scène dans un roman, son importance n’a rien à voir avec l’espace qu’elle occupe. C’est un problème purement artistique, très particulier, sans règle précise. Si Dreiser, par exemple, dans Une Tragédie américaine, choisit d’insister longuement sur la noyade à New York, c’est son droit, et c’est bel et bon, mais je peux te citer une quantité de livres où l’épisode capital, celui autour duquel tourne le drame entier, n’est décrit qu’en quatre ou cinq phrases."
"J’ai la même tendance que toi à laisser la fin d’un livre s’effilocher, si l’on peut dire, comme ça arrive dans la vie, au lieu de le terminer brutalement. Mais il faut le faire sans que l’écriture elle-même s’effiloche. J’ai toujours soutenu que pour peindre l’ennui, l’épuisement, la lassitude, etc... il ne fallait pas recourir aux symboles qui les représentent dans la vie. Impossible, en fait, de les peindre ainsi en littérature, car rien n’est plus ennuyeux que l’ennui, plus lassant que la lassitude."
Extrait :