Fête de Kalame (réseau & asbl)

Chers membres du Réseau Kalame,
Chers membres de l’assemblée générale et du conseil d’administration de l’asbl réseau,
Chers représentants des pouvoirs subsidiants et de notre maison d’accueil,
Chers amis,

Ça s’est passé comme ça, peu avant 18 heures, des membres ont commencé à arriver. Des premiers, rassemblés dans une équipe de production, étaient déjà là pour mettre en place et en œuvre. Entre leurs mains, des plats nommés d’après des livres, des recettes littéraires, des titres, des marottes d’auteurs ont commencé à abouler et orner le buffet littéraire.

Pendant ce temps, on entendait la playlist - concoctée par Aliette Griz (membre de Kalame) autour du thème de l’écriture – jouer et donner des mots.

A 18h12, le bar s’est ouvert, le jardin aussi. Les lumières étaient douces, les lames du parquet de la Maison de la Francité aussi.

Vers 19h19, la présidente, Frédérique Dolphijn, a donné un petit discours et des clés dans une entrée en matière. Qu’est-ce qu’un réseau ? Et Kalame en tant que réseau ? Et des membres d’un réseau ?
Milady Renoir a emboîté le pas en présentant le numéro #13 de Parenthèse, tout frais ou tout chaud, selon la météo. Aussitôt après, succinctement, l’historique du réseau retracé, puis l’annonce joyeuse de la vie du nouveau site réseau-kalame.be proclamée, on a projeté l’image de la page d’accueil sur un écran pour se sentir face à lui, complètement.

Puis, Milady a porté la voix de Thomas Gunzig qui avait été invité à ouvrir le bal de la fête. Thomas ayant décliné, il a été admis et permis qu’on lirait sa bafouille qui donne une image parfois bien réelle des ateliers d’écriture, en Fédération Wallonie-Bruxelles, mais pas que.

« Hey,
Hello Milady,

Et d’abord merci de ta proposition !
Mais bon, il faut que je t’avoue un truc, non en fait deux trucs : tout d’abord, pour reprendre un titre de Philippe Blasband "en fait écrire m’emmerde". J’écris pour gagner ma croûte, c’est la moins pire des façons que j’ai trouvées. Mais dans le fond, ce que j’aime, c’est de ne rien faire du tout ce qui est impossible pour moi dans la mesure où je n’ai pas de fortune personnelle et trois enfants par-dessus le marché.
Ensuite, je suis carrément nul en conférence. J’ai déjà été amené à faire ça, je n’ai pour cet exercice absolument aucun talent. Il en résulte un moment un peu pénible pour tout le monde où je finis par essayer d’être drôle alors que j’aurais voulu être profond. Ca me fiche le cafard et je m’en vais en général avec l’envie de me pendre (ce que je ne fais pas à cause des enfants dont je t’ai parlé plus haut).
Enfin, les ateliers d’écriture j’en ai fait pendant des années et des années : j’en ai fait dans des écoles de Bruxelles, de France, de Suisse et du Canada. J’en ai fait dans des asiles de fous, j’en ai fait pour des petites dames du Brabant Wallon, j’en ai fait pour des délinquants casés en école technique. De tout ça j’ai gardé le souvenir de longues heures passées dans ma bagnole, de l’éclairage néons des salles de classe, de l’épuisant exercice de dire quelque chose de gentil à tout le monde et, une fois de plus, de rentrer chez moi avec l’envie de me pendre.

Voilà, j’espère que je ne t’apparais pas trop comme un type désagréable ou antipathique, c’est juste que j’essaye (sans y parvenir bien entendu) de concentrer mon énergie sur des projets à long terme. Du coup, j’ai tendance à décliner la plupart des invitations qui me demandent une préparation, même si comme c’est le cas ici, cette invitation est faite par des gens que j’aime.

Donc, ne m’en veux pas trop.

biz

t. »

Marianne Osteaux (membre de Kalame) a ajouté des remerciements envers la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Maison de la Francité pour leur soutien et accueil.
Anne Versailles (membre de Kalame) avait préparé quelques mots pour présenter chaque membre du conseil d’administration (aussi appelé les 4 fantastiques) mais on a préféré couper court aux mots et faire la cour aux mets.

Ensuite, on avait prévu d’ouvrir le buffet mais vu sa splendeur, ses radiations ionisantes, et son côté bien entamé, on a annoncé qu’on pouvait continuer à s’y jeter, bouches et mains les premières.

A 19h47, Delphine Auby a lancé son cri. De porte-voix à mégaphone, de corps à corps, elle a lu / crié / envoyé les contributions plurielles des membres du réseau, enrobées de sa langue personnelle. Benjamin, à la batterie et au système producteur d’ondes binaurales, accompagnait la voix et la gorge et le ventre et l’âme de Delphine.
Une fois les choses criées et entendues de part et d’autre et ressenties des deux partis, on s’est approché des 20 heures et 16 minutes.

D’un coup, on a entendu les sifflets de Vincent Matyn, sortant d’une sorte de vuvuzela en bois (les sifflets, pas Vincent Matyn). Aidé de Julie La Tireuse de Papier, de Milady La Seconde Crieuse et première Lectrice et de Guy Le Porteur de Rouleau sacré, Vincent a écrit un texte autour des notions de création, de collectif, d’ensemble, d’écriture, de nécessités, de mise en lien sur un rouleau géant.

Pendant ce temps, Julie, pré-citée, enroulait les gens présents avec ce papier qui recevait les mots dits par Mil-a-dit et répétés par Vincent puis par les gens recevant le papier. Le papier circulant entre les gens faisait un lien écrit et dit. Chacune des personnes présentes faisant partie d’un ensemble chaotique et vivant portait, faisait circuler la bande passante et repassante.
A la fin du texte écrit - lu - relu, on a r-amassé la longue bande. On a laissé les enfants (car il y avait des enfants… si, si... parfois, les animateurs et les animatrices d’ateliers d’écriture font autre chose que d’animer, écrire, faire écrire, ils élèvent des enfants, ils fabriquent des œuvres d’art, ils cultivent des jardins, ils voyagent, ils tombent malade...) s’enfoncer dans le papier, peut-être en avaler ou se faire avaler, on n’a pas tout surveillé.

Il a ensuite été question de lécher les fonds de plats, de trinquer et célébrer encore, de faire connaissance avec des inconnus et reconnaissance avec les reconnus, d’échanger les badges et les adresses mails entre membres, de penser à ceux qui n’ont pas pu venir, de consulter la quarantaine de livres sortis du centre de documentation, d’admirer tout en feuilletant (si, si) le numéro #13 de notre revue Parenthèse et les plafonds et la verrière de la salle Hèle dessinés par Privat-Livemont.

A 23h12, André a fermé les dernières portes, vérifiant juste qu’aucun membre n’était enfermé dans les secrets de la Maison de la Francité. Les alarmes furent enclenchées. Les bons souvenirs ont pu commencer à pénétrer les esprits. Et les photos de l’œil de Nicolas Marchant sont heureusement là pour combler la nostalgie des présents et la frustration des absents.

Allez, nous voilà repartis pour une prochaine décennie.

Milady Renoir

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