Exposition « Formes brèves, autres, 25 » en mots et textes

Du 27 janvier au 8 avril 2012 au Fonds Régional d’Art Contemporain de Metz,se déroulera l’exposition « Formes brèves, autres, 25 » entièrement consacrée aux textes et aux mots. L’événement permettra au visiteur, dans une présentation surprenante, de redécouvrir et surtout d’interroger les mots qui l’entourent, pour en saisir tout leur sens et toutes leurs subtilités.


  Lecture performance de Dora Garcia Lecture performance de Dora Garcia "All the Stories" au Frac de Lorraine.- © LPC | Estelle Guimbretière

Cette nouvelle exposition est le fruit de l’imagination d’Anja Isabel Schneider, une jeune commissaire et critique d’art qui a étudié aussi bien aux Etats-Unis, qu’en Allemagne, et en Grande-Bretagne, où elle fut commissaire indépendante après avoir travaillé à la galerie Marian Goodman de Paris. Ayant remporté le prix Marco destiné aux jeunes commissaires d’exposition, elle a eu ainsi la possibilité de réaliser son projet et de l’exposer au FRAC Lorraine pour le plus grand plaisir des visiteurs. Plus particulièrement axée sur le rapport à l’espace et à l’écriture, l’exposition est construite sur le thème du texte, dans ses formes les plus brèves, dédicaces, poèmes, index, jeux de mots, fragments de mots, ou encore maximes. Le texte entre désormais dans une nouvelle ère, celle du numérique, et notre rapport aux mots s’en trouve modifié. En effet, force est de constater que le livre numérique,- électronique, livrel, e-livre ou encore e-book -, remplace petit à petit les supports papier. Cela doit-il pour autant signifier la fin de la lecture ? Non, car selon Anja Isabel Schneider « les gens ne lisent pas moins qu’avant ». Quoi qu’il en soit, l’apparition de ces nouveaux outils vient néanmoins questionner et modifier les modes traditionnels de l’écriture et de la lecture. « A terme on ne pourra pas les éviter, il vaut donc mieux travailler avec et les utiliser », explique la jeune commissaire. En explorant les relations entre le texte et le lecteur, les œuvres proposées dans l’exposition se présentent donc comme une utilisation avant-gardiste de ces nouveaux outils de lecture.

Des œuvres surprenantes réunies autour d’un même thème

L’exposition joue sur les relations en proposant des interactions entre le texte et son lecteur, qui est ainsi invité à discerner, déchiffrer, construire ou imaginer la signification de mots parfois même illisibles. Il pourra ainsi découvrir dans un premier temps le travail de Guillaume Barborini et Marianne Mispelaëre, intitulé « Fabriquer des ruines », et réalisé au stylo à bille noir sur un fond blanc. Constituée d’anagrammes décomposés qui laissent place à un nombre quasi infini de possibilités, l’œuvre s’étend en plusieurs arcs de cercle sur toute la largeur du mur. Pour Guillaume Barborini il ne s’agit pas là d’un « travail fini et figé », au contraire toute latitude est laissée au lecteur d’étendre sa réflexion au-delà des limites des mots. Au premier étage, la visite se poursuit avec l’œuvre conceptuelle de la désormais célèbre Ewa Patum, née en 1945 à Grodzisk Mazowiecki en Pologne, notamment connue pour son travail pionnier sur des thèmes féministes. Dans cette pièce, trois télés en noir et blanc diffusent toutes le même film – intitulé « Active Poetry, Poem by Ewa » - où l’artiste répand des lettres blanches dans un sous-bois, les lance au sommet d’une colline ou les jette dans la mer depuis le rivage. Ces lettres utilisées initialement pour la propagande du parti communiste de Pologne se révèlent donc lourdes de significations. Visibles dès l’entrée dans la cour intérieure du FRAC, où Ewa les a déposés, elles se déplacent au gré du vent et du passage des visiteurs. Ne pas hésiter donc à marcher dessus, car leur déplacement aléatoire est souhaité par l’artiste.

Des mots, partout, sous toutes leurs formes

D’autres œuvres non moins intéressantes ponctuent le parcours, à l’image de All the Stories -Toutes les histoires, en français-, de l’artiste espagnole Dora Garcia. Au centre d’une pièce épurée une femme se tient derrière un bureau et s’entête jusqu’à l’épuisement à réaliser une tâche impossible, lire à voix haute un livre constitué de plus de 2500 histoires dont le nombre augmente au fur et à mesure. Car ceux qui le souhaitent peuvent contribuer à l’œuvre en écrivant sur le blog de l’artiste une histoire courte de quatre lignes maximum, qui sera rajoutée au livre. Une nouvelle contribution peut donc être intégrée à chaque seconde, ce qui rend le défi insurmontable. Le visiteur pourra ensuite découvrir au dernier étage l’une des œuvres les plus impressionnantes de l’exposition, le Living Rooms de Charles Sandison, un artiste britannique. Sur les quatre murs d’une vaste pièce plongée dans l’obscurité, les mots s’emmêlent et se suivent, par le biais de rétroprojecteurs installés au plafond. Aucun espace n’est laissé vierge, les mots qui se déplacent d’un mur à l’autre et et se modifient sans cesse nous entourent de toutes parts. Impossible d’y trouver la moindre continuité, d’anticiper le moindre mouvement, leur parcours étant constamment redéfini sur un mode aléatoire. Les mots « Homme », « Femme », « Nourriture », « Père », « Enfant », « Agé », « Mort », dansent ainsi sous les yeux du spectateur et l’absorbent.

 Le public pourra aussi s’émerveiller devant Narrate Lotus Pigment d’Anna Barham, une composition d’anagrammes en cascade organisés dans une grille, Footnote n°7 d’Alejandro Cesarco imaginé à partir du livre de Felisberto Hernández « Philosophie d’un gangster ». Découvrir l’œuvre sonore d’Amélie Dubois ainsi que son Rubik’s Cube Aléa , ou encore Nemebiax de l’Argentin Fabio Kacero. Au gré de cette exposition le visiteur est constamment interpellé par les œuvres qui l’entraînent dans une véritable réflexion sur lui-même et sur les mots qui l’entourent au quotidien. L’occasion de stimuler son imaginaire et de se surprendre soi-même en devenant bel et bien acteur et non plus seulement spectateur de ce déluge de mots.

 Contact et renseignements :
Fond Régional d’Art Contemporain de Lorraine
1 bis rue des Trinitaires, 57 000 Metz

Tél. : 03 87 74 20 02 – le site Internet : www.fraclorraine.comcourriel

Horaires :
Du mardi au vendredi de 14h à 19h - Samedi et dimanche de 11h à 19h.
Possibilité de visites guidées gratuites et sans réservations les samedis et dimanches de 17h à 18h.

Tarifs : entrée libre.