Enviedecrire présente : "Edition traditionnelle et autoédition, le coeur des auteurs balance !"

"Laurent Bettoni, écrivain et responsable éditorial chez La Bourdonnaye : « J’ai démarré dans l’édition traditionnelle en 2005, chez Robbert Laffont. Ca a très vite tourné au cauchemar. Mon éditeur nous a quittés quelques semaines plus tard. Son successeur n’appréciait pas mes textes. Plus rien ne se passait dans ma vie d’auteur. En 2012, un ami écrivain m’a parlé d’un truc formidable en France : des auteurs pourraient faire lire des manuscrits en un clic. Il a évoqué Amazon et m’a dit de me lancer. J’ai pris vingt minutes pour mettre mon livre à disposition, en pensant que je n’avais rien à perdre. J’avais proposé mon texte à 2,99 euros. Je m’interrogeais beaucoup, j’allais peut-être me prendre une grosse claque. Il ne s’est rien passé pendant des semaines. Ensuite, les gens ont peut-être fini par lire ce livre qu’ils avaient téléchargés. Il est parti d’un coup et a flambé. C’est la magie du numérique ! Le livre est disponible en permanence, donc il n’y a pas de rupture de stock. En numérique, un livre peut connaitre le succès au bout d’un an. Lorsque les journalistes se sont intéressés au phénomène, mon nom a été donné. J’ai eu des papiers dans la presse nationale, je me suis dit que toute publicité était bonne à prendre. Même si on ne parlait pas de mes livres ! L’édition traditionnelle s’est ensuite à nouveau intéressée à moi. Je suis devenu un peu plus « bankable » grâce à mes succès d’autoédition. Je partage mes œuvres entre l’autoédition et l’édition traditionnelle. L’édition numérique est un tremplin. Malheureusement, dans la tête des lecteurs et des professionnels, un auteur est un auteur s’il est publié chez un éditeur traditionnel. Un écrivain touche 5 à 8 % sur un livre papier à 20 euros. On touche plus de royalties lorsque l’on s’autopublie à trois euros ! Tout ce qui amène les lecteurs à lire et les auteurs à vivre est bon à prendre. Mais faire sa propre promotion est très chronophage. Si on ne sent pas ce que l’on fait, les lecteurs le sauront. Il faut savoir ce qu’on veut, mais il ne faut pas rester seul. Il faut mutualiser les compétences et faire ce qu’on peut soi-même« .

Chris Simon, auteure franco-américaine : « Un ami anglophone a rencontré le succès en 2010 g^rave à l’auoédition. Il m’a dit de me lancer et m’a aidée car j’étais un peu perdue techniquement. J’ai donc publié un recueil de six nouvelles sur iTunes grâce à lui. Je l’ai proposé gratuitement pendant un an, car il y avait très peu de téléchargements en France en 2011. J’ai ensuite fixé le prix, en faisant plein d’essais. Aujourd’hui, mon prix de lancement est de 99 centimes. Il est dans votre intérêt de commencer pas trop cher pour que le lecteur prenne le risque de lire un auteur inconnu. Ensuite, les auteurs autoédités tournent autour de 2,99 et 4,99 euros. Les pourcentages ne sont pas du tout les mêmes que chez un éditeur. Ce ne sont pas des droits d’auteur. On gagne entre 50 et 70% du prix du livre. Je touche donc deux euros sur un livre à 2,99 euros. Le numérique m’a donné une opportunité et m’a révélée en tant qu’auteure. Il ouvre aussi des portes à plein de gens qui désirent écrire. Sachez qu’être auteur indépendant n’est pas être tout seul. On peut être soutenu par beaucoup de groupes.« "