Elena Piacentini : de l’intérêt du polar

« Un polar permet de parler du monde dans lequel on vit. L’intrigue policière est une politesse que l’on fait au lecteur pour maintenir son attention. C’est même plus qu’une politesse : à travers les méandres de l’intrigue, nous pouvons explorer des zones où les gens n’ont pas la parole habituellement. En ce qui concerne ce livre (Des forêts des âmes), il s’agit des adolescents. J’explore le fond du sujet, la dépression, à travers une intrigue policière pour faire parler ces personnes. Ce sont des voix que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. Daeninckx disait d’ailleurs que polar est l’anagramme de parole. »

« Lorsque je débute mon travail, j’ai le sujet de fond. Puis je me documente et construis mes personnages. J’imagine le commencement par ce crime, ce délit ou cette vengeance. Je sais quels sont les liens et les connexions entre les protagonistes et pourquoi nous en sommes arrivés là. Par la suite, j’écris le premier chapitre et commence à mettre en scène les personnages. Quand je les entends parler, les vois bouger, alors j’écris. Puis je les suis ! J’ai un ami journaliste qui travaille avec un tableau excel dans lequel il écrit quelques lignes pour chaque chapitre. Si je fais cela, je meurs ! J’aurais l’impression de remplir ma déclaration d’impôts. Il faut que mes personnages me parlent, puis je me laisse porter. Pour ce roman, j’avais le fond, comme c’est expliqué à la fin dans la note intitulée « le fond de l’histoire » : je savais que je voulais démarrer par ces trois portraits d’adolescents, qui sont des histoires vraies. »

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