Ecrire l’expérience



Description :
(4ème de couverture : ) L’écriture de l’expérience est d’actualité. On écrit, on fait écrire : pour construire des savoirs, obtenir des crédits, transmettre l’innovation, transférer les compétences, améliorer la qualité du travail d’une équipe, formaliser la réflexion, communiquer une image ou légitimer une profession en crise d’identité.
cette écriture est prise entre des postulats contradictoires, qui rendent son approche incertaine. Quels dispositifs, quels protocoles, quelle posture pour l’animateur ? Comment situer l’écriture de l’expérience, entre récit, analyse de pratiques et recherche scientifique ? Comment arbitrer entre les modèles qui tentent d’imposer leur autorité dans le domaine ?
Ecrire l’expérience interroge des clivages (trop bien) assurés entre le littéraire et le scientifique, l’écrivain et l’écrivant, les modèles vocationnel et professionnel de l’écriture. S’il ne donne pas de recettes, il suggère de nombreuses elctures et manières de s’y prendre pour écrire et faire écrire.
Mireille Cifali est psychanalyste.
Alain André est écrivain, animateur d’AE et directeur de Aleph Ecriture
Extrait :
Difficile de choisir des extraits dans ce livre très complet, très référencé...
"Pour un animateur d’AE, la première compétence consiste à savoir déclencher l’écriture d’autrui : à être « un bon conducteur du désir d’écrire ». Elle repose sur une culture personnelle de l’acte d’érire et de ses enjeux (…) L’animateur est celui qui suggère qu’il est capable de répondre de façon pratique, pour autrui, à cette question qui embarrasse parfois l’écrivain lorsqu’elle concerne son propre travail : celle du processus : de la mise en place des conditions de son « accouchement ». il connaît, si l’on préfère une autre métaphore, « l’adresse de la mine » (la formule est de Michel Butor)."
"Les premières recherches conduites sur les relations qu’entretiennent les adultes avec l’écriture l’ont immédiatement mis en évidence : la peur est la caractéristique la plus saillante du rapport qu’entertiennent les adultes avec l’écriture. Les travaux de Michel Dabène (L’adulte et l’écriture in Apprendre/Enseigner à produire des textes écrits, Bxl, De Boeck, 1987) sont éclairants : « dans tous les cas », constate-t-il, « plaisir ou pas s’accompagnent d’une peur certaine ». Lorsque l’on obtient de sprécisions sur ces difficultés, apparaissent immanquablement, quel que soit le scripteur, les réminiscences scolaires : le style, la grammaire, l’orthographe (…) Au bout de douze ans de scolarisation, le bachelier français n’est pas préparé à affronter les tâches scripturales que la société lui impose ». "
"Mettre en récit, c’est mettre en relation ce qui ne l’était pas. … Le récit ne se contente pas de décrire, il met en ordre, et faire se succéder n’est pas innocent … des faits successifs ne font pas une histoire, une « story ». Une histoire ne prend forme que lorsque des liens sont tissés entre des faits que tout éloigne. A défaut, l’histoire se trouve réduite à une énumération de faits"