Deux avis croisés d’écrivaines sur Internet et les réseaux sociaux

"Pour Margaret Atwood, Internet n’est pas l’ennemi de l’écrivain. Il s’agit simplement d’un nouveau moyen d’expression suivant notre évolution. Elle alimente régulièrement son site web, qu’elle a initialement créé afin de mesurer la popularité de son roman Le Temps du déluge (ed. Robert Laffont). « J’apprécie particulièrement Twitter, parce que c’est un format court, drôle et informatif ». L’auteure rassemble environ 500 000 followers ! Elle limite néanmoins son temps quotidien sur ce réseau social à dix minutes pour prévenir toute addiction. Elle a même pris la précaution d’avoir deux ordinateurs dans son bureau : l’un est connecté à Internet, l’autre non. « Je dois m’isoler afin de terminer un roman. Il faut bien choisir entre le travail et la distraction », explique-t-elle.

Zadie Smith préfère écrire dans une petite pièce à la lumière naturelle, entourée de livres. Et loin d’Internet. En effet, elle trouve le web dangereusement addictif. Elle a fait une brève apparition sur Facebook, rapidement horrifiée par le temps qu’elle y perdait : « Sur Facebook, les heures et les jours passaient sans même que je ne m’en rende compte. » Contrairement à Margaret Atwood, elle déteste l’immédiateté des retours entraînés par la publication d’un texte en ligne, qu’elle juge « peu sains pour un auteur« . « Sur Facebook comme sur tous les réseaux sociaux, la vie est changée en une base de données. C’est une dégradation… Nous connaissons instinctivement leurs conséquences », déclare-t-elle. Elle préfère entretenir des relations directes avec les gens, pour des contacts plus humains. Néanmoins, elle avoue utiliser de temps en temps des logiciels pour bloquer l’accès à Internet afin d’éviter l’attrait de la distraction."

(Source : Flavorwire)

http://www.enviedecrire.com/deux-avis-croises-decrivaines-sur-internet-et-les-reseaux-sociaux/