Dernier livre de Jacqueline Daussain

Namur-Bruxelles aller-retour

Un livre de Jacqueline DAUSSAIN avec des photographies de Daniel Storz


Jacqueline Daussain est membre de Kalame, elle anime des ateliers d’écriture de formes diverses dans des villes protéïformes. Un recueil de nouvelles a déjà paru et ce livre hybride est arrivé en septembre 2012.

C’est avec une alternance d’historiettes à l’humour à la fois tendre et piquant, et de lettres échangées par deux femmes en quête d’amour, que Jacqueline Daussain nous livre son deuxième ouvrage. Ici encore, la vie ordinaire se révèle bien peu ordinaire et se mue en une succession d’inattendus.

L’auteur a l’art de nous conter des histoires d’apparence banale mais où règne en maître l’art du non-dit et de l’allusion. C’est une suite de petites aventures, d’anecdotes pleines de vie qu’elle nous dépeint, avec leur lot de bonheurs et d’imprévus où la mort se dessine parfois en filigrane. Ce qui livre leur sel aux narrations, ce sont le plus souvent les finales insoupçonnées et en point d’orgue. Elles déconcertent le lecteur qui reste interdit, figé dans un état de surprise.

Des pointes d’humour grinçant, distillées avec subtilité, laissent à plusieurs reprises un goût amer dans la bouche. Et pourtant, on se prend chaque fois d’affection pour les personnages. Car ils sont touchants, les hommes et les femmes égrenés au fil des pages. Chacun a vécu à sa manière des certitudes brisées, des moments intenses que les mots ne peuvent qu’effleurer.

En contrepoint, les images de Daniel Storz viennent ajouter une note singulière. Chacune, par son caractère, symbolise l’atmosphère évoquée dans ces saynètes qui fleurent bon le terroir belge.

Jacqueline Daussain utilise une écriture sans concession, une littérature du quotidien ballotté par les espoirs et les déceptions de la vie. Ses histoires sont simples et sans fioritures. Toutes sont le fruit d’une observation de grande acuité, emplie des traces que la vie a gravées en nous.

Et quand dans ses dernières lignes, l’auteur fait écrire à l’une de ses héroïnes épistolières : « Je te laisse sur cette nouvelle », on apprécie le double sens et on s’impatiente déjà de découvrir son prochain recueil.

Stéphane Joncker

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Namur-Bruxelles aller-retour
Jacqueline Daussain
APP Editions , 2012