Comment gagner les concours de nouvelles ?

Si vous êtes auteur débutant et que vous n’êtes pas encore prêt à publier un livre entier, pourquoi ne pas vous essayer à la nouvelle ? L’avantage de ce genre littéraire, c’est que vous avez rapidement une œuvre aboutie et que vous n’avez pas besoin de vous immerger dans votre travail d’écriture. C’est à la fois plus satisfaisant pour quelqu’un qui débute et incontournable quand on mène en parallèle une activité professionnelle prenante. Attention, toutefois, la nouvelle est un genre exigeant ! Comme le disait Jean Vautrin : « Dans la nouvelle, plus que dans tout autre genre littéraire, l’auteur n’a pas le droit d’emmerder son lecteur ».

L’intérêt des concours de nouvelles

N’hésitez pas à participer aux nombreux concours de nouvelles qui fleurissent un peu partout en France. Ils présentent beaucoup d’avantages : ils permettent notamment d’améliorer son écriture en obligeant à se plier à des contraintes de thèmes, de longueur ; ils vous obligent à écrire régulièrement en respectant des dead lines (vous ne pouvez pas rester des jours et des jours devant la page blanche en attendant que l’inspiration vienne) ; ils vous donnent l’opportunité, si vous êtes distingué, de commencer à diffuser vos textes en les publiant en revue ou dans des recueils collectifs. Mais attention, il faut rester lucide ! La diffusion de ces recueils collectifs ou des revues consacrées à la nouvelle reste très limitée, voire confidentielle. C’est une première marche. Intéressante puisqu’elle vous permet de toucher un premier lectorat. Mais insuffisante.

En fait, le principal avantage des concours, c’est qu’ils vous permettent de faire des rencontres et de nouer des amitiés : avec les organisateurs, avec d’autres concurrents, avec les écrivains membres des jurys. Le monde de la nouvelle est en effet beaucoup plus petit que celui du roman. Et c’est encore plus vrai pour l’univers des concours de nouvelles. Pour peu que vous restiez « dans le circuit » plusieurs années, vous finissez par connaître beaucoup de monde. Cela peut être un bon moyen pour muscler votre CV et vous faire des relations. Ces dernières pourront vous donner d’utiles conseils sur votre écriture, sur les pièges à éviter pour entamer une carrière d’écrivain, sur les personnes à contacter chez tel ou tel éditeur… Cela peut constituer une porte d’entrée vers l’édition. La preuve : presque tous les concurrents avec qui j’ai noué des liens d’amitié, à l’époque où j’écumais ces concours de nouvelles, ont fini par publier leurs livres chez des éditeurs ayant pignon sur rue : Georges Flipo, Emmanuelle Urien, Alain Emery…

Adopter une stratégie gagnante

Participer, c’est bien. Gagner, c’est mieux ! Voici donc mes 10 conseils pour mettre toutes les chances de votre côté :

1 : Privilégiez l’écriture de courtes nouvelles. Pas plus de 5 à 10 pages (1500 signes par page). C’est en effet le format standard exigé dans la plupart des concours.

2 : Soignez la présentation et surtout l’orthographe de vos tapuscrits. Les jurys des concours renferment une proportion incroyable d’enseignants qui traquent la moindre de vos fautes et en font souvent (trop souvent ?) un critère rédhibitoire de sélection.

3 : Quand vous participez à un concours à thème imposé, mieux vaut traiter franchement celui-ci que de tenter de finasser. Je m’explique. La plupart du temps, ceux qui vont vous juger ont une idée assez précise des textes qu’ils attendent et un traitement trop singulier risque de les désorienter. En outre, si le concours débouche sur une publication collective, un texte trop décalé risque d’être écarté car il pourrait nuire à la cohérence de l’ensemble.

4 : Toujours en ce qui concerne les thèmes imposés, évitez de proposer des textes déjà écrits et bricolés tant bien que mal pour coller à la contrainte du concours. Evidemment, ça peut marcher, mais le plus souvent cela sent trop l’artifice. En outre, se plier aux exigences du règlement est la meilleure façon de s’améliorer, de sortir de ses habitudes d’écriture.

5 : Dans la mesure du possible, avant de participer à un concours, essayez de lire les textes primés les années précédentes (disponibles parfois en revue, sous forme de recueil ou sur Internet). Cela vous éclairera sur les goûts du jury et l’esprit du concours.

6 : Variez vos sujets et n’appliquez pas toujours la même recette, même si elle vous a déjà valu quelques succès. Sur le court terme, cela peut passer. Mais, à la longue, le monde de la nouvelle étant quand même assez petit, vous finirez par vous décrédibiliser.

7 : Privilégiez les concours qui débouchent sur une vraie publication (dans une revue ayant pignon sur rue ou dans un recueil collectif publié chez un éditeur reconnu). Vous ferez ainsi d’une pierre deux coups et élargirez votre lectorat.

8 : Ecartez les concours pour lesquels les droits de participation sont excessifs (une somme de dix euros me paraît être un maximum). Vous éviterez ainsi de tomber dans de véritables arnaques : les concours bidons avec récompenses en chocolat, diplômes et médailles, où les mêmes acolytes s’auto-congratulent d’année en année.

9 : Participez à plusieurs concours à la fois, mais avec des nouvelles différentes. Vous augmentez ainsi vos chances de succès, tout en aiguisant votre plume et en évitant une trop grosse déconvenue en cas d’échec. C’est bon pour le moral d’avoir toujours un fer au feu !

10 : Gardez en tête la relativité de ce genre de compétition. Ce n’est pas parce que vous avez été écarté du palmarès que, nécessairement, votre texte ne vaut rien. A l’inverse, ce n’est pas parce que vous avez gagné que votre nouvelle était forcément la meilleure. Elle a simplement su toucher quelques personnes au bon moment et ce n’est déjà pas si mal.

L’essentiel reste, bien entendu, d’écrire des nouvelles de qualité. Pour cela, efforcez-vous de rester sincère à la fois dans la forme et sur le fond. Ne cherchez pas à imiter, ne cédez pas aux effets de mode, évitez les sujets bateaux ou racoleurs. Enfin, pour vous guider dans le maquis des concours, je vous recommande notamment la lecture du Guide bisannuel de la revue spécialisée l’Encrier renversé : une référence en la matière, même si le rythme de parution a tendance à rendre certains renseignements obsolètes.

Découvrez Rien qu’une belle perdue , le dernier roman policier d’Eric Fouassier qui vient de paraître aux Editions Pascal Galodé en avril 2011.

Retrouvez : Eric Fouassier sur son site d’auteur

Source : http://www.enviedecrire.com/comment-gagner-les-concours-de-nouvelles-eric-fouassier/