Actualitte propose un article : "Les romans pour adolescents permettent d’évoquer des thématiques fortes"

"La vague dystopique qui a longtemps dominé les têtes des ventes en littérature young adult et fait l’objet d’adaptations cinématographiques comme Hunger Games ou Divergente tend à reculer au profit de romans plus réalistes, faisant écho à des faits de société.

Dans Revanche, Cat Clarke s’inspire d’un fait réel : en 2010 aux États-Unis, un jeune homme, Tyler Clementi, se suicide, car son homosexualité est rendue publique « Dans mon travail, j’essaie de m’attaquer à des sujets lourds, trop lourds. Je crois que beaucoup d’adultes sous-estiment la capacité des ados à encaisser ce genre de thématiques. Lire des livres traitant de ces sujets en périodes difficiles étoffe l’expérience de la vie. » explique la romancière.

Le roman de Charlotte Bousquet, Rouge Tagada, met lui aussi en scène une romance homosexuelle. « [La littérature young adult] permet aux ados d’avoir une parole qui se débloque. Je pense que les romans pour adolescents permettent d’évoquer des thématiques fortes, comme l’homosexualité. […] on se donne des libertés de ton et d’exploration de thèmes qu’on ne pourrait pas aborder dans la littérature adulte. On peut tout écrire, tout faire, les histoires comptent, les personnages sont super attachants, on peut utiliser une diversité de tons, de styles, on peut puiser un peu partout, c’est ce qui fait la véritable force de la littérature young adult. »

« Le young adult peut très bien être du fantastique, du récit contemporain, aborder tout un tas de thèmes, un panel de genres, de lecteurs, grâce aux films et adaptations de romans young adult il y a des ados qui vont s’intéresser aux livres. Peut-être que la jeunesse d’aujourd’hui lit plus que ma jeunesse à moi », souligne Georgia Caldera, l’auteur des Larmes Rouges, une trilogie fantastique qui revisite le mythe du vampire.

Si elle a su conquérir un public majoritairement adolescent, l’auteur n’a pas écrit son œuvre en ce sens : « Quand j’ai écrit Les Larmes Rouges, ma démarche était de raconter une histoire qui me plaît, de la façon qui me plaît, je ne pensais pas aux étiquettes, aux codes, qui peuvent être une barrière à l’imagination. […] [Le genre] est fédérateur, car il convient aussi bien à des adolescents à partir de 13 ans qu’à des adultes, il touche un plus large auditoire. »

Cat Clarke a également commencé à écrire sans penser au genre, et ses livres ont finalement touché cet auditoire « young adult », mélange d’adolescents et d’adultes, qui représenteraient 55 % de l’auditoire de ce genre littéraire : « L’adolescence est un moment où on explore son identité, on a une infinité de choses à découvrir, je pourrais écrire des centaines de livres à ce sujet sans jamais me lasser. Et puis c’est ce que j’aime lire, moi aussi. »

Erratum :

Charlotte Bousquet est intervenue dans les commentaires pour apporter quelques précisions. Elle a contacté ActuaLitté afin de mettre quelques petits points sur les "i".

Je n’ai jamais dit qu’on ne parlait pas de thématiques fortes en littérature destinée aux adultes, mais qu’on trouvait en YA une diversité de ton et de genres énorme, qu’il y avait aussi biendu thriller que du roman psychologique,de la dystopie, etc. sans pour autant que cela soit étiqueté, qu’il y a qu’il y avait aujourd’hui une richesse et une créativité qu’on ne trouve pas forcément ailleurs (et c’est bien pour cela que le lectorat est aussi bien adulte qu’adolescent).

En parlant de Rouge tagada, j’ai dit que ce roman graphique avait permis de libérer la parole des ados sur le thème, que leYA permettait de passer certaines frontières de la littérature jeunesse (les fameuses lois à la c...) je n’ai jamais dit que cela n’existait pas en littérature adulte :)...

Clémence Chouvelon

https://www.actualitte.com/salons/les-romans-pour-adolescents-permettent-d-evoquer-des-thematiques-fortes-55914.htm