Comment choisir un atelier d’écriture ? Petit guide.

CHOISIR UN ATELIER D’ÉCRITURE… tout un art !

Depuis quelques années déjà, les offres d’ateliers d’écriture jaillissent d’un peu partout, de plusieurs secteurs d’activités, de milieux socio-culturels pluriels, tirant le curseur du développement personnel au littéraire, du multidisciplinaire au très précis. Autant on ne s’improvise pas animateur d’ateliers d’écriture (les membres du réseau Kalame s’engagent à interroger leurs pratiques et à appréhender une formation continuée), autant la majorité des praticiens n’ont aucun diplôme officiel, et aucun organisme ne leur octroie le droit d’exercer officiellement en tant qu’animateur d’atelier d’écriture. Les statuts professionnels ne sont pas déterminés. Des animateurs se positionneront en tant qu’écrivain, auteur, animateur socio-culturel, formateur, artiste, accompagnateur, inducteur, et parfois avec plusieurs de ces termes associés.

Des animateurs (futurs ou pratiquant déjà) flairent dans l’animation d’atelier d’écriture une activité lucrative. La réalité est toute autre. Nombre d’animateurs cumulent non seulement les mandats professionnels, les ressources économiques mais jonglent bien souvent difficilement avec une activité qui est souvent hybride, à la marge de la création, de la formation, du hobby. Au sein de la pratique d’animation, les organisations commanditaires (de plus en plus nombreuses et plurielles, elles aussi) ont du mal à prendre conscience du travail qu’un atelier d’écriture oblige, tant dans sa préparation que dans l’expertise de la pratique et du recul nécessaire pour que chaque atelier prenne sens pour l’animateur, pour les participants et pour l’organisation hôtesse de l’atelier.

Mais, en tant que participant, comment vous y retrouver ?
Comment, dès l’inscription, faire la part des choses entre un atelier tenant de l’arnaque, du piège à gogos et un atelier mené par quelqu’un de sérieux qui s’y connaît un peu ?
Comment, dans ce qui serait de qualité, choisir, parmi des pratiques différentes, ce qui vous conviendrait le mieux ? Comment aborder un atelier pour la première fois ? Comment faire rencontrer ses objectifs personnels (désir, fantasme, élan, nécessité, envie d’en finir avec un projet, …) et ceux d’un atelier d’écriture ? Comment évaluer en amont (et puis après en aval) ce que l’atelier et son animateur, son animatrice apportent comme eau à son moulin ?

Vous aimez écrire, vous cherchez depuis toujours à écrire, vous rêvez de le faire sans jamais oser le faire, vous aimeriez essayer, vous y re-mettre, vous savez qu’il vous faut un rendez-vous avec l’écriture, vous devez terminer ce projet resté trop longtemps dans un tiroir, vous avez besoin et envie d’entendre ce que les autres écrivent, ce qu’ils disent de votre écriture, de vos textes, vous aimeriez ne plus écrire seul-e.
Les raisons sont parfois simples, souvent multiples.

Convaincu-e, vous feuilletez les journaux locaux à la recherche de l’annonce qui fera mouche, vous glanez des infos chez le librairie du coin, de vagues connaissances vous rapportent l’un ou l’outre écho, vous avez trouvé une référence sur l’un ou l’autre site et vous avez ciblé votre potentiel-le futur(e) animateur ou animatrice…
Que lui dire ? Que lui demander ? Bien sûr, il y aura les renseignements pratiques à obtenir, les dates, le nombre de séances, le nombre de participants, etc. Les données de base organisationnelles.
Cependant, avant de vous inscrire, il vous faudra en savoir plus sur l’atelier que vous comptez suivre et sur son animateur.

PORTRAIT-ROBOT DE L’ANIMATEUR

Une des meilleures façons de vous rendre compte, a priori, de la qualité d’un atelier, c’est de dresser un portrait-robot de son animateur. L’animateur est en effet la cheville ouvrière de l’atelier. C’est lui qui insuffle une âme, une couleur, une saveur particulière aux séances.
Connaître les partis pris de l’animateur, son parcours, ses objectifs et ses limites vous permettra ainsi non seulement de vous faire une bonne idée du genre d’atelier auquel vous avez à faire mais aussi de juger du sérieux, ou non, du « travail » qui vous sera proposé.
Attention, cependant. Si votre but est, ici, de mesurer les qualités et compétences de votre futur(e) animateur, animatrice, ne perdez surtout pas de vue que l’animateur idéal n’existe pas !

L’enquête menée auprès des membres de Kalame démontre en effet que, pour animer, il faut, au minimum :

aimer les mots et partager avec passion sa passion ; avoir lu et écrit, être animé d’une curiosité insatiable, d’une envie maniaque de chercher et rechercher procédés et propositions ; avoir un bagage certain par rapport à l’écriture, la lecture ; avoir des compétences dans la gestion de groupe ; avoir une connaissance approfondie de la littérature, des textes, des registres et des genres même si ceux-ci ne s’inscrivent aucunement dans une élite, dans un cénacle fermé ; s’interroger sur sa propre écriture, car celle-ci fait partie de la vie d’un animateur ; nourrir ses connaissances théoriques et techniques ; être agité par la fièvre de la réflexion, en solitaire ou en groupe ; faire preuve de pédagogie et être capable de fixer des objectifs ; avoir une grande capacité d’écoute et d’empathie ; faire preuve de modestie ; être respectueux ; tolérant ; ne pas juger ; pouvoir détecter et réagir aux dysfonctionnements du groupe ; ne pas se contenter de sa boîte à outils mais chercher constamment à l’actualiser et à la développer ; stimuler l’imaginaire des autres ; être pareil à un accélérateur de particules ; donner un coup de pouce ; déployer ses perceptions et ses antennes ; être disponible ; faire preuve de psychologie ;

en bref : être animé-e et s’animer continuellement.

Rien que ça !

Vous connaissez, vous, personnellement, une personne ayant toutes ces compétences et ces qualités ? Non, bien sûr. Cependant, au-delà de cette boutade, on comprend mieux maintenant pourquoi être animateur ne s’improvise pas, que cela se prépare et se cultive, que cela s’inscrit dans un parcours qu’il revient à vous, futur-e participant-e., de questionner.

Une façon de vous forger une bonne image du parcours de votre animateur est de l’interroger sur son rapport à l’écriture, sur sa formation à l’animation et, enfin, sur son atelier proprement dit (même si parfois l’énoncé de l’atelier que vous avez trouvé répond à certaines de ces questions). Entendons-nous bien : il ne s’agit pas, ici, de mener une enquête policière mais d’entrer en conversation avec l’animateur autour, bien sûr, de l’écriture, comme vous procéderiez, de manière légitime, auprès de tout professionnel auquel vous comptez faire appel.

En fait, c’est surtout si vous désirez vous inscrire à un « cycle » de séances, qu’il convient de savoir où vous mettez les pieds. En effet, lors d’un « cycle », il vous sera souvent demandé de vous engager fermement, que ce soit pour des raisons organisationnelles, financières ou pour permettre le bon fonctionnement du groupe. Avant de vous engager dans un tel « cycle », il vous sera parfois proposé d’assister à une séance d’informations gratuite ou de participer à une séance à l’issue de laquelle vous prendrez votre décision. Il vous est également possible de « tester » en participant, si l’animateur en organise, à un atelier court. Vous ne prendrez, ici, le risque que sur une seule séance... qui vous convaincra, ou non !

QUEL RAPPORT ENTRETIENT VOTRE FUTUR ANIMATEUR AVEC L’ÉCRITURE ?

Vous viendrait-il à l’idée de vous inscrire à un cours de musique dont le professeur ne pratiquerait pas régulièrement son art ? Vous viendrait-il à l’idée de vous inscrire à un atelier de peinture dont l’animateur n’aurait aucun bagage technique, aucune connaissance en histoire de l’art ? Non, probablement. Il en va de même pour un atelier d’écriture. Il est, ici aussi, tout à fait légitime d’interroger votre futur animateur sur le rapport personnel qu’il entretient avec son art. Cela ne signifie pas qu’il faille que votre (futur) animateur ait écrit le best seller de l’année ou qu’il soit reconnu par ses pairs ou par la critique. Non. Ce qui compte, ici, c’est de prendre la mesure du rapport intime liant l’animateur à l’acte d’écrire.
Voici quelques questions vous permettant de brosser le portrait de son rapport à l’écriture de manière non-exhaustive et non-obligatoire :

• Écrit-il régulièrement ?
• Qu’écrit-il ?
• Quel est son bagage technique théorique sur l’écriture ?
• Quel(s) genre(s) souhaite-t-il aborder ? En a-t-il une bonne connaissance ?
• Son écriture personnelle influe-t-elle ses propositions ? Si oui, comment et pourquoi ? Si non, pourquoi ?
• L’animation nourrit-elle son écriture personnelle et inversement ?
• Où et quand écrit-il ? Chez lui ? Dans d’autres ateliers ?
• Et pourquoi écrit-il ? Même si, dans l’absolu, il est presque impossible de répondre à cette question, l’animateur pourra peut-être ébaucher ici quelques pistes de réflexion...

DONC… CHOISIR UN ATELIER D’ÉCRITURE, TOUT UN ART !

À vous de vous approprier ces questions, en résonance avec votre désir, votre besoin, votre élan. À vous surtout d’imaginer les vôtres, celles qui vous permettront de cerner au mieux le profil de votre animateur.
Reste le hasard, le bonheur de se laisser porter par l’instinct, la chance de ne pas trop attendre et la mesure essentielle de prendre ce qu’on peut (et veut) là où on veut (et peut).

QUE LIT-IL, COMMENT, POURQUOI ?

Une autre manière de mesurer ce rapport à l’écriture est, paradoxalement, d’interroger l’animateur sur ses lectures.
L’important, ici, n’est évidemment pas de déterminer si vous avez les mêmes goûts littéraires ou s’ils sont valides en termes de « bon goût » ou de fondamentaux culturels mais, à nouveau, de mesurer à quel point les séances d’ateliers seront alimentées par les autres, les textes des autres.
Voici, de nouveau, quelques questions qui pourraient vous être utiles :

• Quelles lectures nourrissent votre animateur, et pourquoi ?
• Quels types d’écriture aime-t-il côtoyer ?
• Se nourrit-il de réflexions d’auteurs sur l’écriture ?
• Surtout, est-il curieux de découvrir de nouvelles choses, de nouvelles plumes qu’il ne connaissait pas ?
• Est-il avide de lectures ?
• Quel lien établit-il entre écriture & lecture ?
• Comment et où va t-il chercher les textes ? S’appuie t-il sur les textes pour progresser dans son écriture, son animation ?
• etc.

POURQUOI ET COMMENT VOTRE ANIMATEUR EN EST-IL VENU À L’ANIMATION ?

Si la base de l’animation, c’est le rapport intime et personnel que l’on entretient avec l’écriture, être écrivain reconnu ou publié, être un excellent lecteur, écrire de magnifiques journaux intimes, de superbes aphorismes, réflexions, etc., ne suffit pas. Il s’agit en plus d’avoir une ouverture à l’autre, une envie de partage, une fibre pédagogique, une capacité à accompagner un groupe… Interroger votre animateur sur sa formation, qu’elle soit institutionnelle ou autodidacte, vous permettra, aussi, de mieux cerner le sérieux de l’atelier. Pas question, ici, de définir un parcours-type idéal. Ce serait vain. Il n’y en a pas. Il s’agit, de nouveau, pour vous, de prendre la mesure de votre animateur, de comprendre où il en est dans son cheminement de passeur passionné d’écriture. On n’anime pas pour rien.
De profondes raisons nous habitent. Interroger votre animateur sur ses motivations, c’est comprendre pourquoi et comment il en est venu d’une pratique personnelle de l’écriture au partage, à la transmission.

• A-t-il suivi une formation à l’animation ? Si oui, laquelle ? Si non, où et comment a-t-il acquis ses connaissances quant à l’animation ?
• Comment nourrit-il ses connaissances à ce sujet ?
• Continue-t-il d’ailleurs à les nourrir ? Et comment ? Par des lectures ? Des stages ? Par des échanges et des rencontres avec d’autres animateurs ?
• Participe-t-il lui-même à des ateliers d’écriture ?
• Dans le fond, pourquoi anime-t-il ? Pourquoi partage-t-il avec autrui son savoir-faire ?
• Que retire-t-il, personnellement, de ce partage avec autrui ?
• Quelle est son expérience ? Depuis combien de temps anime-t-il ?
• Etc.

À QUOI RESSEMBLERA VOTRE FUTUR ATELIER ?

L’enquête menée auprès d’animateurs a renforcé notre hypothèse : sous la même étiquette d’« atelier d’écriture » se retrouvent des pratiques diverses mais, plus curieusement, quelquefois divergentes. Entre un atelier exclusivement centré sur la création littéraire et les questions du récit, et un autre visant d’abord et avant tout à réconcilier le participant avec lui-même, le champ est vaste ! Afin d’aider tout participant ou futur participant à se repérer dans la terra incognita des ateliers, le Réseau Kalame classe, jusqu’à présent, les ateliers en quatre grands types :

• Les ateliers ludiques, où les animateurs mettent l’accent sur le plaisir d’écrire.
• Les ateliers à objectif littéraire, où les animateurs invitent le participant à rechercher « son » écriture, son propre style, sa voix personnelle.
• Les ateliers à objectif social, dont l’objectif premier est de permettre aux participants une meilleure intégration sociale.
• Les ateliers de développement personnel, où les animateurs insistent sur l’expression de soi, de ses sentiments et de ses émotions.

En principe, un animateur devrait rédiger les annonces de ses ateliers de façon à vous permettre de situer sa pratique dans l’un ou l’autre de ces domaines. Ce qui est moins simple qu’il n’y paraît, car certains ateliers se situent à l’intersection de plusieurs disciplines…

Devant la diversité des objectifs et des attentes de chaque genre d’atelier, le parti-pris de Kalame est de ne pas trancher, a priori, en faveur de l’un ou l’autre type mais de soutenir les ateliers et les animateurs dont l’objectif majeur est de pénétrer au cœur de l’expérience de l’écriture, de travailler les mots, de se confronter lentement et patiemment au travail de la langue. L’enjeu du texte (et pas du participant) est la clé de voûte des objectifs des ateliers qu’animent les membres du réseau Kalame . Les participants y expérimentent outils, techniques et écritures diverses, l’animateur accompagne chacun dans son désir d’écrire.

Cependant, si, dans un atelier, l’écriture occupe la place centrale, on ne peut pas ignorer les « bénéfices secondaires » qu’il y a à écrire ensemble, en atelier : oui, l’écriture permet d’accéder à un mieux-être ; oui, l’écriture permet de se (re)construire ; oui, l’écriture permet de se découvrir et de développer son potentiel ; oui, l’écriture peut même permettre d’avoir un autre regard sur la vie.

Cependant, on constate, à l’heure actuelle, une explosion du nombre d’offres d’ateliers. Désirant clarifier la situation, Kalame a décidé de ne regrouper que des animateurs dont les ateliers ne recherchent pas pour elles-mêmes ces conséquences du travail d’écriture.
En effet, quoique les ateliers d’écriture peuvent produire des effets en termes de mieux-être, l’animateur, dans le cadre des ateliers proposés via le réseau Kalame, ne passe pas avec le participant de contrat thérapeutique.
L’animateur n’est, ainsi, en aucun cas un gourou ou un psy improvisé.

• Et qu’en est-il de l’animateur que vous avez au bout du fil ? Au bout du mail ?
Où et comment situe-t-il son atelier ?
Quelles sont ses priorités ?
• Dans ses ateliers, comment l’écriture est-elle travaillée ? Pour elle-même ? Pour autre chose ?
• À quel(s) type(s) d’ateliers rattacherait-il son travail ?
• Que recherche-t-il pour ses participants ? L’autonomie ? L’acquisition d’outils ?
Autre chose ?
• Y a-t-il un apprentissage ? Si oui, de quel ordre ? Si non, qu’est-ce qui est recherché ?
• Comment construit-il ses propositions ? D’où lui viennent-elles ? De ses lectures ? Reproduit-il telles quelles des propositions qu’il a apprises ou crée-t-il, à chaque fois,
de nouvelles propositions ?
S’il reproduit, apporte-t-il néanmoins sa touche personnelle ?
• Quel sera son rôle en tant qu’animateur ? Facilitateur ? Accompagnateur ? Professeur ?
• Quelles seront ses limites ?
• Si votre animateur est attaché à une structure quelconque (asbl, centre culturel, etc.), dans quelle mesure cette structure influe-t-elle sur les objectifs de l’atelier ?
• En quels termes l’animateur parlerait-il de son atelier ?
Dirait-il qu’il s’agit d’un atelier d’écriture proprement dit ou d’un atelier de développement personnel (réinsertion sociale, etc.) empruntant la voie de l’écriture ?
• Etc.

D’autres critères, comme l’esprit et l’ambiance de l’atelier, peuvent être déterminants pour le choix d’un atelier. Ils dépendent cependant des objectifs et des circonstances de l’atelier, de la personnalité, de la formation et de l’expérience de l’animateur.
Pour vous aider à mieux cerner le déroulement d’une séance, Kalame vous propose de possiblement ajouter quelques questions utiles à votre (futur) animateur, telles que :

• L’écriture sera-t-elle individuelle ou collective ?
• Écrit-on sur place ou chez soi ? Ou les deux ?
• L’animateur propose-t-il des consignes ?
• Les participants lisent-ils leurs textes ?
• Tient-on compte de l’orthographe ?
• Propose-t-on des retours sur les textes ? Par qui ? Selon quels critères ?
• Y a-t-il ré-écriture ?
• Est-on tenu à un résultat ? Lequel ?
• Y a-t-il des prolongements (publication, lectures publiques, etc.) ?
• Etc.

VOUS PRENEZ VOTRE DÉCISION !

Voilà. Les questions qui vous semblaient pertinentes ont été abordées, certaines répondues, d’autres en attente, d’autres obsolètes... Vous en savez maintenant assez sur l’animateur et son atelier. Vous le sentez bien ? Tant mieux car il s’agit, ici comme ailleurs, de partir en confiance. De rester proche de vos attentes, mais de rester aussi ouvert à ce qui va se présenter d’inattendu. Ouvert, curieux de la nouveauté, mais pas crédule, quoi.
En tout cas, vous avez pris votre décision. Demain, vous vous inscrirez à cet atelier. Un dernier café avant le film / le livre / le carnet du soir.

Maintenant, vous avez hâte d’y être. Non ?

(Ce petit guide est disponible en format pdf sur requête à info@reseau-kalame.be - Il se compose de plusieurs extraits de textes écrits par des membres du Réseau Kalame, dont Vincent Tholomé, Réjane Peigny & Milady Renoir)